On connaît déjà sa voix chaude pour avoir été samplée par Drake dans « Jungle » : derrière elle se cache Gabriel Garzón-Montano, compositeur multi-instrumentiste (modestement violoniste, guitariste, pianiste, percussionniste et bassiste) natif de Brooklyn. Son premier disque, Bishouné : Alma del Huila sorti en 2014 sur Styles Upon Styles, était déjà une réussite, entre soul, musique électronique et hip-hop. Son deuxième album chez Stones Throw Records est désormais dans les bacs.

Gabriel Garzón-Montano revisite la soul à sa manière, en la teintant de minimalisme et d’électronique. Les dix titres ne sont pas tous convaincants, mais les quelques perles suffisent à remonter la barre : non content de sa voix ronde et parfaitement maîtrisée, Gabriel Garzón-Montano, également compositeur et instrumentiste, nous fait entendre des arrangements tout en finesse – exercice difficile s’il en est, surtout quand il s’agit de cordes. Ajoutez à cela le sel des harmonies complexes (à l’instar d’un Jacob Collier, Garzón-Montano va parfois jusqu’à la treizième de l’accord initial) et l’équation est faite.

On retient donc quelques très bons morceaux, dont le premier « Tria », qui s’ouvre justement par une introduction aux cordes, s’enrichit de pizzicati et de la voix du chanteur – laquelle joue sur des intervalles de seconde mineure, d’autant plus mouvants qu’ils sont harmonisés. « Long Ears » est également excellent : langueur rythmique, arrangement minimaliste, contre-chant à plusieurs voix teintés de la bizarrerie inhérente aux superpositions d’accords et à un léger décalage rythmique. À écouter également, « Bombo Fabrika » et ses rythmiques hachées, le contemplatif « Cantiga », « Octave » et sa basse charnue. L’album se referme dans la ouate avec la bien-nommée « Lullaby », étrange berceuse dont le mystère vient des riches harmonies vocales. Dommage, donc, pour les quelques titres qui s’étirent dans la longueur.

Gabriel Garzón-Montano sera en concert à la Bellevilloise le 18 février ! Et on est sympas, on a quelques places à faire gagner, ça se passe là.