Le monde de la musique électronique et du hip-hop français pleure aujourd’hui l’un de ses plus grands producteurs : Philippe Cerboneschi, dit Zdar. Décédé dans la nuit du 19 juin, il laisse derrière lui un immense patrimoine musical, réalisé entre les années 90 à aujourd’hui.

Rendu célèbre grâce au succès de l’album 1999 de Cassius, duo qu’il formait depuis plus de vingt ans avec son acolyte de toujours Hubert « Boom Bass » Blanc-Francard, une pure merveille de boucles house, entre samples funk et rythmes hip-hop qui figure comme l’une pierres angulaires du mouvement de la French Touch.

Mais Zdar n’en était pas à son premier coup de génie. Repéré dans les années 80 en tant qu’ingénieur du son par Dominique Blanc-Francard (le père de Hubert « Boom Bass »), il fait ses premiers pas dans les studios et côtoie de nombreuses personnalités, de Gainsbourg à Vanessa Paradis en passant par Étienne Daho. Mais c’est sa rencontre avec Hubert qui fera la différence. Ensemble, ils débutent leurs carrière dans le monde du hip-hop en produisant les instrus pour l’une des figures naissantes du rap de l’époque, MC Solaar. S’ensuivront les plus belles oeuvres de hip-hop 90’s de l’hexagone : du morceau Bouge de Là (1990) aux premiers albums de Solaar, Qui Sème Le Vent Récolte Le TempoProse Combat (1994) et Paradisiaque. Il y aura aussi La Funk Mob, le premier projet qu’ils lancent tous les deux pour produire des morceaux hip-hop futuristes.

En solo, Zdar participera – en tant qu’ingénieur du son – à l’élaboration de grands albums du hip-hop. De l’incroyable Jazzmatazz Vol.1 du maestro américain Guru, avec qui Solaar sortira le classique « Le Bien, Le Mal » en 1993. Aux notables Note mon nom sur ta liste d’Assassin sorti en 1991, Qu’est ce qui fait marcher les sages ? des Sages Poètes et la bande-son du film La Haine en 1995.

Avec l’ascension de la French Touch – et, comme il l’a toujours raconté, la claque qu’a été la découverte des raves, Zdar se tournera davantage dans la production de musiques électroniques. Avec Cassius bien sûr,mais également avec Étienne de Crécy : de l’unique album du duo d’alors, Motorbass, et désormais mythique Pansoul qui sent « la sueur du dance-floor, la crasse funk et le défoulement house » (1996) à La Chatte Rouge ou encore ses apparitions sur Super Discount. Des véritables chefs-d’oeuvre du patrimoine français électronique.

Enfin, afin de ne pas crouler sous les références qui parsèment son travail, on terminera avec son apparition en 2010 sur la production de l’album Wolfgang Amadeus Phoenix des versaillais Phoenix – qui lancera toute une suite de collaboration, des Beastie Boys & Cat Power, en passant par The Rapture, Hot Chip, … – encore représentatif de son génie et d’un éclectisme certain dans le choix de ses productions.