FIS (pour Forever In Search) porte bien son nom. Son dernier disque est une véritable exploration dans les méandres du son et ses propriétés tant physiques qu’émotionnelles. Un an après The Blue Quicksand Is Going Now, Oliver Peryman, de son vrai nom, livre un LP dense, expérimental et évocateur sur Subtext.

From Pattern to Details articule en 7 morceaux un dialogue de fréquences des plus chaotiques mais aussi des plus précis. Le propos est clair et le producteur Néo-Zelandais a choisi de nous transporter vers des terres où les basses lourdes et abrasives sont reines. Dépouillé des beats breakés et puissants que l’on pouvait entendre sur son premier album, FIS va à l’essentiel et conjugue un sound design d’une précision à couper le souffle à des atmosphères et des constructions lentes et complexes. Rien ne semble ici laissé au hasard. « Root Collars » nous engouffre dans un dédale de sonorités abrasives, distordues sur une nappe atmosphérique contemplative. L’expérience est physique et cela semble être le cœur de cet album. Pour autant, il s’agit aussi d’un voyage émotionnel brut et déconcertant, dont chaque morceau représente une étape. Peryman accorde une place particulière aux éléments de la nature, bien que le disque sonne très électronique, on retrouve du field recording assez souvent, corrompu et modifié à souhait, comme s’il cherchait à nous plonger dans un eco-système singulier. « SeaPR » est un bon exemple de cela, démarrant par le bruit des vagues sur des rochers, qui se transforme peu à peu en un raz-de-marée digital écrasant. « CMB Inna » un des moments forts de l’album, rappelle les grandes heures de Tim Hecker ou Roly Porter et la grandiloquence épique qui va avec leurs œuvres. Une basse vient nous mettre à terre sur des nappes abrasives célestes avant que le tout ne soit dissolu et disséqué chirurgicalement.

Chirurgical est le mot quand à la production, et il est sans nul doute difficile aussi pour cette raison, d’écouter ce disque dense, disséquant les propriétés physiques du son, chez soi, ou dans un contexte intimiste. From Patterns to Details est clairement conçu pour des soundsystems conséquents et une acoustique travaillé. Et l’on pourra regretter l’absence ou presque de mélodies. L’album possède tout de même ses instants de beauté contemplative, à l’image de « Heart Wash » où quelques notes se font entendre sur ce qui ressemble à un chœur distordu. Mais le morceau le plus mélodique du disque est sans doute « Indepedently Together », bien qu’aussi étrange que le reste du disque, il s’agit peut-être de celui qui contient le plus d’éléments familiers.

La déconstruction à l’œuvre dans From Patterns to Details offre une lecture singulière de la musique électronique aujourd’hui, telle qu’elle est expérimentée aujourd’hui, dans des clubs ou des endroits massivement sonorisés. Et il s’agit d’un disque à pleinement vivre en live. On regrettera peut-être la difficulté d’accès au premier abord de cet album, mais on ne peut que saluer cet effort, mettant à jour de façon inédite et inventive, le squelette de nos habitudes d’écoute et d’expérience de la musique électronique aujourd’hui.