Society of silence - Unijambist

4/5

Society Of Silence, c’est le groupe sur lequel on a parié nos noms de domaines, serveurs et réseaux sociaux. Et on ne s’est pas trompé : certes, nous ne prétendons pas être des ayatollahs de la techno, mais on sait reconnaître le bon goût là où il est ! Aujourd’hui, l’élégance nous vient donc du duo nantais parisien pour en découdre avec la scène techno de la capitale et son prochain EP à paraître sur le légendaire label Versatile.

Je sais que se regarder le nombril n’est pas une bonne chose, mais je vous propose tout de même d’accompagner vos oreilles avec le très bon Phonocast de Society Of Silence paru mardi :

On avait été un peu déçu (on entend par-là que l’on était sûrement un tantinet trop enthousiaste à l’idée de cette sortie) par leur précédent disque paru sur Fragil (notre chronique ici) qui aurait mieux trouvé sa place sur un album. Avec « Matin Noir », Society Of Silence ne nous avait fait que monter sur un tabouret, mis la corde au cou avec une tension certaine palpable le long des 7 minutes de la face A (remixée par l’ukrainien Vakula). « Unijambist » remet les pendules à l’heure : le duo renverse clairement le tabouret et nous laisse nous débattre dans le vide sur une musique intense et sournoise. Gilb’R a toujours eu le nez creux et a su flairer le potentiel. En signant les trublions sur Versatile, il a confirmé sa réputation de défricheur et la volonté de renouvellement constant qui caractérise sa maison.

Benoît et Nicolas, de leurs vrais prénoms, bénéficient d’une forte maîtrise des machines et inversent la tendance actuelle en percutant sans tabasser. Malgré leur jeune âge, les 2 producteurs qui composent SOS montrent une vraie dévotion aux plus belles années de Detroit. On peut être jeune et nostalgique non ? Le premier morceau, Aracade, va clairement dans ce sens et ne s’emmerde pas d’une interminable intro (on dira que Matin Noir avait déjà fait le travail). Un beat lourd s’abat sur les oreilles de l’auditeur et les snares finissent de l’achever. Mystery word, en revanche, est plus deep et sera apprécié comme un DJ tool efficace ou un break de bon aloi après une longue nuit de fête. Le morceau qui a donné son nom au disque clôt les hostilités sur une note plus mélodique et une atmosphère tendue qui semble maintenant être la marque de fabrique des nantais.

Avec des types comme Society Of Silence et les autres newcomers qui composent l’hexagone (pas de name dropping pour cette fois), l’honneur de la France est sauf. Et nous n’aurons bientôt plus à rougir devant nos autres camarades européens. « Unijambist EP » sera dans les bacs le 24 juin. En attendant, retrouvez-les ce week-end au Rex Club pour la Hello !

@CyprienBTZ