Chris Clark fait partie de ces artistes mystérieux, dont on parle mais dont on ne sait pas grand chose ; de ces artistes talentueux qui ont réussi a créer un univers musical unique qui nous transporte, nous fait planer dès les premières notes. Loin des projecteurs et des paillettes, ce poulain de l’écurie Warp revient avec un nouvel album « Iradelphic ». Un son atmosphérique et envoutant qui confirme bien, qu’après « Turning Dragon » et « Totem Flares », Clark est un artiste hors-norme. Rencontre furtive avec l’artiste anglais la semaine dernière lors de son passage à Paris pour qu’il nous parle de son nouvel album.

– Peux-tu nous raconter comment tu es tombé dans la musique électronique ?

Quand j’étais plus jeune déjà, je jouais avec des groupes de musique de styles très différents. Quand la vague des raves parties est arrivée en Angleterre, je fréquentais pas mal ce milieu. Puis il y a eu la techno, j’ai adoré Jeff Mills ! Petit à petit je me suis mis à composer et à créer mon son. C’est arrivé comme ça.

– Tes albums sont très différents les un des autres, comment est-ce que tu réfléchis à leur concept ? Comment décrirais-tu « Iradelphic » ?

Je trouve ça ennuyant pour moi et les gens qui me suivent de toujours faire la même chose. Du coup je cherche constamment à produire quelque chose de différent et de nouveau lorsque je travaille sur un album. Et c’est vrai qu’ « Iradelphic » est presque à l’opposé de « Totems Flare », je cherchais une nouvelle  sorte de couleur pour ma musique.

– Tu as pris plusieurs années pour réaliser cet album…

Oui c’est vrai. Pendant ces trois années j’ai pas mal composé de nouveaux morceaux, mais je n’en étais jamais très satisfait et donc je ne voulais pas les sortir. Je voulais prendre mon temps et obtenir quelque chose que j’aimais vraiment et dont j’étais fier que quelque chose de moyen pour ce nouvel album.

– Tu as été à Berlin, Londres, à Bruxelles et même jusqu’en Australie pour produire « Iradelphic », pourquoi avoir fait ce choix ?

Je ne voulais pas être un compositeur de musique électronique qui reste enfermé dans sa chambre devant son ordinateur. Je savais que si je voyageais ça m’aurait apporté de nouvelles inspirations et une autre manière de composer avec de nouveaux instruments. Ces voyages font partie intégrante de cet album et m’ont beaucoup apporté pendant ces trois années.

Clark – Secret

– Quel est l’endroit qui t’a le plus marqué ?

Sans doute le Pays de Galles, c’est magnifique ! Je préfère la nature à l’ambiance des villes et c’est plus calme pour faire de la musique.

– Tu as travaillé avec Martnia Topley Bird sur « Iradelphic » pourquoi avoir fait ce choix ?

J’adore sa voix et dès qu’elle chante sa musique à quelque chose de très attirant. Je l’ai contactée et elle est venue me rejoindre à Berlin où on a enregistré quelques morceaux. C’est venu de manière très naturelle, et au final on la retrouve sur « Secret » et « Open ».

– Comment vas-tu t’y prendre lors de tes lives, sera-t-elle présente sur scène avec toi ?

Probablement sur certaines dates oui. Mais c’est assez difficile comme elle n’est présente que sur deux chansons.

– Est-ce qu’on aura la chance de la voir avec toi en France ?

Non malheureusement.

– As-tu travaillé avec d’autres musiciens sur cet album ?

Non, pas du tout, Martina a été ma seule collaboratrice. C’est moi qui joue de tous les instruments que tu peux entendre : guitare, piano, batterie,… Tu me parlais de live toute à l’heure et je peux te dire que je n’aurais pas tous ces instruments avec moi sur scène. Je ferai quelque chose de plus électronique et plus dansant.

Clark – Com Touch

– Ta musique est en accord avec l’univers de Warp Record. Quand tu as commencé la musique électronique est-ce que tu imaginais signer sur ce label très renommé ?

Non pas vraiment… J’adorais déjà Warp quand j’ai commencé à me lancer dans la musique électronique et c’était le premier de la liste de labels où j’aurais aimé voulu signer mes premières productions. Les gens que j’ai rencontré chez Warp ont toujours supporté ma musique et m’ont fait confiance quand j’avais des idées ou que je voulais faire quelque chose de différent. C’était très important pour moi.

– Comment tu te situes par rapport à la scène musicale britannique actuelle ?

Je n’y pense pas trop, peut-être parce que je n’essaye pas de me situer par rapport à quelque chose ou de donner un nom à la musique que je fais. Je pense que c’est s’apporter des problèmes que d’essayer de se revendiquer appartenir à une scène musicale ou un style particulier. Je fais ce que j’aime.

– Et que penses-tu de la scène électronique française ?

Je n’en connais pas des tonnes, je t’avoue que je ne suis pas trop ce que font les Français, ce qu’il y a de nouveau. Mais j’aime bien Mr. Oizo et SebastiAn et ce qui est un peu plus vieux, la musique concrète et les travaux de Pierre Henry et Bernard Parmegiani.

– Qu’est-ce que tu écoutes en ce moment ?

Pour être honnête, je fais une petite « pause musique » en ce moment, je me focalise moins dessus et du coup j’écoute moins de trucs. A la place je lis, je regarde des films,…Je prends mon temps et me détends. Mais s’il m’arrive d’écouter de la musique en ce moment, c’est plus du rock, du progessif et un peu de psyché, mais je n’ai pas de titres particuliers en tête.

– Dernière question : pourquoi est-ce que tu n’es pas passé par Paris durant ces trois années de voyages et de composition ?

Je ne peux plus travailler ici, je crois que la mafia en a après moi.

Clark – The Pining Pt2