Parmi les producteurs qui ont marqué le début des années 2000 en Allemagne et qui sont toujours d’actualité, Rajko Mueller aka Isolée est toujours présent à l’appel. Appartenant au vivier d’artistes très dense qui a émané de Francfort durant la seconde partie des années 1990, le producteur a produit trois albums qui à chaque fois ont connu un grand succès tant pour la critique que pour le public. Égérie du fameux label Playhouse et maintenant membre de poids du label hambourgeois Pampa, Isolée s’est toujours démarqué par une musique ayant un pied dans le club, un pied dans la pop et de nombreuses influences pop. Les syncrétismes de ce genre-là ne sont pas forcément des plus digestes mais le producteur arrive depuis de nombreuses années maintenant à ménager la chèvre et le chou sans pour autant faire de compromis. Résultat d’une patte bien singulière et d’une approche atypique, Isolée fait partie des artistes par qui il peut-être très plaisant et simple de découvrir la musique électronique pour un profane. De l’autre côté, la consistance et la richesse de son travail de producteur au fil des années n’a eu de cesse de ravir également de nombreux initiés.

Enregistrée il y a un moins d’un an, des raisons qui ne sont pas de notre ressort nous ont empêchés de sortir l’interview avant, c’est maintenant chose faite.

Bonjour à toi, merci de nous accorder un moment ! Première question puisque cette interview se déroule en français : as-tu étudié le français ?

Non pas du tout ! J’étais à l’école française quand j’étais enfant, de mon CP jusqu’à mon CE2 j’étais en Algérie.

Tu as fait tes début à Francfort. Pourquoi avoir utilisé Isolée qui est un mot français avec un sens assez fort ?

Il me fallait un nom. J’aimais bien le son, la manière dont ça sonnait, l’écriture au féminin  et le fait qu’il n’y ait pas de signification en Allemagne : je n’aurais pas choisi ce nom si je vivais en France et si j’avais commencé à faire de la musique en France. Ça aurait mis bien trop de poids sur le côté de la signification. Il y avait aussi un peu cette envie de créer une sorte d’irritation : un nom féminin pour un artiste masculin – je ne voulais pas que ce soit trop évident.

C’est quelque chose que l’on retrouve aussi dans ta musique : l’importance portée aux symboles et aux images – est-ce quelque chose de recherché sur lequel tu joues ?

Je fais ce que je fais, je sais pas si je peux choisir, c’est ce qui me passionne, c’est la recherche de choses intéressantes, c’est comme ça que je crée de la musique. Si je le faisais délibér »ment, ça serait un concept mais ce n’est pas le cas. Ce n’est pas un concept, ça doit d’abord me toucher, les émotions sont primordiales. Dans Rest par exemple il y a des titres français (cf. « Démon »), c’est un choix, ce n’est jamais un message spécifique, c’est juste un jeu sur des significations mais je recherche des mots qui avec la musique créent une sorte d’alchimie.

Finalement le fait d’avoir grandi entre Francfort et Alger a-t-il influencé ton approche as tu de la musique ?

Je ne sais pas, j’étais trop jeune quand j’ai vécu à Oran en Algérie, j’ai passé le reste de ma jeunesse à Francfort, mais c’est beaucoup plus tard que j’ai commencé à faire de la musique électronique. Surtout dans Rest, des titres comme “Beau mot plage” ou « Djamel » et « Jamshid » sont évidemment liés à la période que j’ai passé en Algérie. J’avais ces souvenirs, pourquoi ne pas s’en servir ? Il y a une signification, ce n’est pas pour raconter mon histoire mais ça me permet  me servir des mots et créer du sens.

Comment te situes-tu dans ce processus de création musical ? Est-ce mettre ton talent au service des gens ou est-ce plutôt quelque chose de personnel ?

Non ce n’est pas avant tout pour moi, évidemment la musique quand tu la crées c’est une passion et un besoin égoïste certes mais je ne sais pas si je le ferais si j’avais la certitude que mon travail ne serait pas écouté. La musique est faite pour être écoutée, même si ça se limite à un cercle proche d’amis. C’est la raison pour laquelle j’ai quelques difficultés avec les personnes qui disent qu’elles ne font ça que pour elles-mêmes. Cela a vocation à être écouté.

Quels ont été tes premiers pas dans la composition ? On sent vraiment dans Rest et dans We are monsters une grosse influence pop,  quelles ont été tes influences ?

Je n’ai jamais appris à jouer d’un instrument. Je suis un ado des années 80 donc oui il y a cet univers pop de cette époque  doit jouer mais j’aime aussi le fait de faire la musique plus abstraite.

Isolée - Phonographe Corp 2

D’où l’importance des synthétiseurs dans ta manière de composer ?

La musique électronique te permet justement de faire la musique sans avoir appris à jouer d’un instrument. C’est pour ça que je fais de la musique avec ces machines.

C’est marrant parce que à la même époque où tu as commencé, Makus Nikolai avait également une approche très pop. Comment tu te positionnais par rapport à ce son assez spécifique par rapport à ce qui sortait sur Playhouse à cette époque ?

Je ne sais pas s’il y avait vraiment quelque chose de conscient là dedans. Tu faisais ce que tu faisais, ça s’arrête là. Les rapports avec Playhouse se sont faits via un ami à moi. J’écoutais les autres sorties du label  Playhouse, c’était même pas que j’étais fan de tout ou que je comprenais tout mais ils aimaient bien ce que je faisais et ça c’est monté comme ça. Il y a une multitude de facteurs qui m’ont amené à ça en fait, sans que j’en sois forcément conscient.

T’as sorti deux albums et plusieurs EP sur Playhouse. Pourquoi as-tu décidé de sortir le dernier sur Pampa records ?

Ça va faire plus de dix ans que je me suis installé à Hambourg et Playhouse, ça s’est un peu arrêté. Il y avait quelques soucis d’organisation et de gestion et vu que j’étais à Hambourg, j’avais de nouveaux projets et je devais me séparer d’eux pour diverses raisons. Donc Pampa ça s’est fait avec Koze, parce que c’est un très bon ami. Pendant un bon moment je n’avais pas de label du tout ça s’est fait parce qu’on était proche, il a commencé son label et il m’a proposé de sortir mes sons chez lui.

Tu as sorti quelques EP mais les gens te connaissent beaucoup pour tes albums qui ont toujours fait de bruit. Dans ta conception qu’est-ce qui prévaut, faire album ou faire un EP ? Ce sont deux choses très différentes et deux manières de voir la musique très différentes.

En général, je pense que les albums sont plus importants pour moi.

Tu mets 5 à 6 ans entre chaque album…

Je ne sais pas pourquoi ça me prend aussi longtemps. J’aimerais bien faire ça plus vite mais de développer cette idée d’album, de vraiment s’y mettre c’est difficile. Souvent, j’ai l’idée de faire un album mais à la fin de l’année, j’ai une collection de titres qui ne fait pas un album mais de petits passages. Il y a aussi des raisons personnelles comme mon déménagement de Francfort à Hambourg. Ça m’avait pris plus d’un an à reconstruire mon studio. De toute façon, je ne suis pas très discipliné dans mon travail donc ça marche pas très bien pour moi de planifier mon travail et de me fixer des deadlines. J’ai du mal à me dire « Dans 6 mois je finis mon album », je ne suis pas très organisé (rires).

Généralement qu’est-ce qui t’incite à la conception?

Ce serait tellement simple si je le savais ! Le moment, l’occasion peut-être, la recherche, le fait d’essayer et parfois de ne pas avoir d’idées. Parfois c’est le vide qui te pousse à t’y mettre aussi ! J’adorerais savoir ce qui rend plus productif.

Et quand tu ne produis pas que fais-tu ?

La musique c’est mon activité principale. Je fais du sport, j’ai quelques hobbies et ce que tout le monde fait mais je n’ai pas d’autres activités .

Et désormais tu ne te produis qu’en live?

Oui je produis en live. La différence entre le DJ et moi c’est que le DJ, il a cette passion de passer des heures à chercher dans la musique et à trier puis de vouloir faire écouter le fruit de ses recherches au gens et moi je manque un peu de cette passion. Je suis trop impatient et je n’ai pas le temps d’écouter ce que font les autres. Je suis assez centré sur la musique que je fais. J’ai pensé à être Dj car ça serait plus facile ou même plus de plaisir de jouer un weekend, de passer au magasin de disque la semaine et acheter une dizaine de nouveaux disques au lieu de jouer des choses que l’on connaît par cœur mais je n’ai pas vraiment envie de passer des heures à écouter et découvrir.

Alors bien sûr, j’écoute de la musique mais ce que j’écoute n’a pas forcément de rapport avec le djing et le dancefloor, j’écoute de tout et je suis constamment à la recherche de quelque chose qui me passionne. Souvent je trouve que j’ai un regard assez obtus en terme de centres d’intérêt. Les DJ’s, j’ai l’impression qu’en général ils regardent tout, ils comprennent tout.

Ta musique n’est pas tant conçue  pour le dancefloor que pour être écoutée, donc comment as-tu pensé le passage au live depuis que tu as commencé à te produire sur scène?

La musique que je fais a toujours un rapport au dancefloor. Je dirais que c’est de la musique pour les gens qui connaissent le dancefloor mais c’est aussi une musique qui s’écoute très bien à la maison. Pour le live, je pense que j’ai un répertoire limité. Il faut que ça fonctionne, tu passes entre deux DJ’s il faut que les gens dansent. J’ai toujours fait ce choix de prendre essentiellement des titres qui dansant. En général, ça marche bien mais parfois j’aimerais avoir plus de choix par rapport à ce que je joue.

Comment fonctionne ton live, laisses-tu une part importante à l’improvisation ?

Je prépare des pistes, en partant de mes morceaux puis je vais un pas en arrière par rapport au track fini puis je me laisse une marge de manœuvre pour déclencher les différentes pistes, les mélanger, mettre des effets, les mixer avec les autres. C’est un peu la démarche d’un ingénieur de son, tout est minutieusement programmé, il n’y a pas beaucoup d’improvisation. La difficulté c’est de partir de quelque chose de fini et de revenir en arrière pour reproduire ta musique à un instant t.

Dans quel cadre s’est faite la sortie de ton track sur Tamed Musiq, le label de Ripperton, qu’est ce qui t’as séduit ?

Je n’approche pas vraiment mes sorties de cette façon. Je ne décide pas si je veux sortir tel ou tel track. C’était un truc que j’avais fait pour une vidéo de skate pour une marque à Hambourg. Et je me disais que je pouvais jouer ce track en live. Raphael Ripperton m’a demandé ce que c’était, il l’a joué, il voulait faire un disque. Je voulais pas vraiment sortir ce titre, je voulais pas trop mais finalement ça c’est fait.

Tu as d’autres projets en relation avec la musique ?

Ça m’arrive mais c’est plutôt rare. Je trouve ça intéressant mais ce n’est pas évident de faire de la musique pour une vidéo ou un film. C’est un travail très différent. La musique doit se coordonner par rapport au film, rester au second plan, c’est une démarche très différente.

Comment approches-tu le travail de remixer qui consiste à t’approprier et retravailler le travail de quelqu’un ?

Y’a des moments où je suis ouvert à ce travail – ca me permet de faire des choses que seul je ne ferai pas. Lorsqu’il y a une voix par exemple. On peut travailler sur des voix, sur des passages. C’est quelque chose d’assez difficile à décrire. Tu es limité par ce qui a été fait mais ça fait partie du jeu. Les attentes des gens ou des artistes comptent aussi – il y a beaucoup de choses qui entrent en compte. Le fait d’avoir des consignes peut également être très stimulant.

Pourtant tu n’as pas l’air de te poser beaucoup de contraintes. Tu crées quand t’as envie de créer, ça vient quand ça vient…

Je crée quand je peux créer. Parfois j’ai envie de faire quelque chose mais c’est pas possible. C’est un processus de création différent. Tu commences un truc puis tu restes coincé, ça arrive – il y a des choses que tu ne maîtrises pas totalement. Quand quelqu’un te sollicite, tu dois faire un travail avec un certain but, avec une contrainte de temps. Le remix, ça se rapproche de ça. Je ne dois pas forcément m’identifier totalement dans le track, il faut en faire une interprétation et sortir de son rôle, c’est formateur aussi.

Comment choisis tu ainsi tes remixeurs ou les projets sur lesquels tu as envie de travailler ?

Quand on me demande faire un remix, je choisis par rapport à ce que j’entends dans la musique et les pistes. L’essentiel c’est de trouver quelque chose que je peux imaginer dans un autre contexte. Ce n’est pas une question d’aimer ou pas – je ne travaille pas sur ce que je n’aime pas évidemment, mais je dois visualiser les choses plutôt que de les apprécier. Parfois, le fait d’aimer un track peut même être un blocage. L’essentiel c’est de trouver un petit truc. C’est assez rare qu’il y ait eu des remixes de mes tracks et je crois que je n’ai jamais choisi mes remixeurs, je pense que ce sont essentiellement les labels.

Avec le tube “Beau Mot Plage”, tu n’as jamais eu peur qu’on t’associe à un seul morceau ?

Au début, j’ai mis un certain temps à l’accepter, je ne le jouais pas, je voulais faire un break et je voyais que les gens restaient un peu sur leur faim. Plus tard, je me suis rendu compte qu’avoir un tube que tu peux jouer en live, ça a ses avantages. La réaction des gens est toujours présente. Même avec le second album, j’avais une volonté de changer par rapport au premier. Je pense que ça s’entend. Le troisième ressemble déjà un peu plus au premier. Je voulais changer et réinventer un nouveau truc après mon premier album mais avec le temps j’y suis revenu !

Isolee-Beau-Mot-Plage

Toutes les parties de ton live sont-elles sorties où y a-t-il a des choses que tu n’as pas sorties, des choses que tu tentes…

Oui bien sûr, il y a toujours des choses que je tente en live. Il y a des choses que je n’ai pas sorties, que je jouais et auxquelles j’ai par la suite renoncé. C’est un mélange, j’aime bien avoir des nouvelles choses en live, je suis toujours content d’essayer plein de nouvelles choses.

Comment casses-tu ta routine lors de tes lives ?

Ce que je faisais avant c’est que je préparais mes lives en studio du début à la fin puis je le mixais juste lors de mes représentations. Dans la semaine, il fallait que je m’y remette pour trouver quelque chose car je n’allais pas trouver de moyens pour changer mon live. Ça fonctionnait bien mais c’était pas forcément satisfaisant pour moi. Lorsque je connaissais mon live par cœur, c’était ennuyeux. Avec le temps j’ai trouvé un moyen de choisir ce que je jouais et la façon dont je commençais et évoluais. Souvent j’ai le choix entre une quinzaine de titres mais par expérience, il n’y a que certaines combinaisons qui sont vraiment assorties puis lorsqu’on a trouvé les combinaisons qui marchent bien on a tendance à les répéter. C’est important parfois de casser ça et de commencer par le titre avec lequel on va finir, tu bois un petit verre parfois pour pimenter la chose (rires).

Aujourd’hui qu’est ce qui a retenu ton attention dans le champs de la musique électronique moderne ?

C’est dur à dire, je n’écoute pas la musique de club. Je l’écoute lors des soirées quand je joue mais pendant longtemps j’ai eu l’impression qu’on revenait à des thèmes existants. On redécouvre la deep house par exemple. C’est plus dans la pop que je trouve des choses intéressantes. La musique électronique joue un rôle dans les productions pop et on ressent clairement que notre musique joue un rôle dans ce style-là aujourd’hui.

Tu as pensé à produire pour des gens ou des groupes de pop?

J’y ai déjà pensé, ça pourrait me plaire mais je ne me vois pas contacter des groupes pour leur demander de produire un album. Ça doit se passer naturellement. J’ai l’impression que ce genre de collaboration est de plus en plus fréquent. Ça  doit être très intéressant, c’est bien de sortir de son univers.

D’autant que tu as une place atypique parmi les producteurs de musique électronique. Il y a beaucoup de journalistes qui t’ont catégorisé comme inventeur de la microhouse – ce qui est totalement faux – mais tu n’as jamais pensé à faire des concerts et de sortir du club ?

Si j’y pense ! Il y a des moments où je jouais plus dans les festivals, surtout après We are Monsters, où il y avait des festivals avec pas mal de live, dans un autre contexte, en journée. J’ai toujours eu cette impression que maintenant il faut faire un “show”. Beaucoup de musiciens en musique électronique commencent à créer des groupes et jouent tous ensemble sur scène et qui se dirigent plus vers le concert. Si on reste toujours dans cette optique de live avec ses petites machines et une table de mixage, c’est peut-être la barrière avec les concerts. J’aime le côté club mais je trouverais ça super d’en sortir plus souvent.

De quels producteurs te sentirais-tu proche ?

Je ne sais pas. Je ne peux pas te citer de noms. Je ne me sens pas proche de producteurs en particulier mais plus de morceaux ou d’artistes tu sais. J’apprécie le travail des artistes que j’ai mentionné avant mais je suis bien conscient qu’ils font des choses que je ne pourrais pas faire.

Tu n’as jamais voulu faire des collaborations ?

Je n’ai jamais trop fait de collaboration. En pratique la musique électronique en studio, c’est un travail qui prend du temps. Il y a des boucles qui tournent pendant des heures et ça peut être pénible. Je me demande par moment comment font les gens qui produisent à deux ou à trois en studio. Je ne vois pas deux personnes sur Live qui travaillent sur des boucles. Je pense que les décisions sont prises plus vites et que le fait d’avoir deux paires d’oreilles qui écoutent, ça change la donne car lorsque tu n’as plus de recul sur un track quelqu’un peut en avoir plus. Il faut que ça se fasse naturellement, je n’ai jamais rencontré quelqu’un avec qui j’ai tout de suite compris qu’on pourrait travailler ensemble en studio.

A qui fais-tu écouter tes morceaux en premier ?

Il n’y a pas une personne particulière. Ça dépend, plus je fais de la musique, plus je deviens timide. Avant lorsque je finissais ma musique, j’avais vraiment hâte. Maintenant, je devient plus hésitant. J’avais pendant longtemps des amis avec qui je passais la soirée à écouter des disques. A ce moment là, je me suis souvent dit, ça serait cool, là, d’écouter en studio comment ça sonne par rapport à toute cette musique. C’est souvent avec des amis mais ça devient de plus en plus rare. J’ai pas vraiment envie d’envoyer quelque chose à quelqu’un via internet et lui dire « écoute ça », dis-moi ce que tu en penses. Koze, il aime bien faire ça. Moi, j’aime bien qu’on écoute ensemble et qu’on ait un peu une idée. Je découvre que t’aimes bien ci ou que t’apprécies bien ça, on a fumé un joint, on est bien installé et on voit si ça fonctionne. En ce moment, je fais pas écouter ma musique à trop de personnes. Je fais écouter et j’envoie rarement, seulement à une ou deux personnes.