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 2,5/5

Steve Spacek, producteur anglais prolifique et discret, sort son premier album chez Ninja Tune sous le nom de Beat Spacek. Actif depuis plus de 10 ans, il compte parmi ses collaborations celles de J Dilla ou encore Mark Pritchard, avec qui il forme le duo Africa HiTech

Pour ce premier album  Modern Streets, Beat Spacek s’est plongé dans l’univers des applications pour tablette et smartphone, pour concocter un disque étrangement pop. Modern Streets sonne comme un mélange de soul classique et de sons électroniques un poil kitsch et basiques. C’est donc sans surprise que l’on apprend qu’il fut composé à partir d’applications pour smartphone. Tout au long de ce disque, Steve Spacek chante d’une voix frêle et étrange, tel un Marvin Gaye sous acide. Certains morceaux se détachent, comme « Gotta Get Some Music », imprégné de dubstep, aux grooves hip hop impeccables rappelant J Dilla. Le morceaux « Tonight », véritable hymne disco moderne, est un des moments les plus dansants de l’album.

« Compact n Sleep », infusé au r’n’b, transporte et séduit avec une simplicité remarquable. Modern Streets est un patchwork sonore aux styles variés. Beat Spacek prouve qu’il possède définitivement plus d’une corde à son arc, si besoin en était. Ses mélodies nostalgiques appuyées par ce qui ressemble à la musique de fond d’un jeu vidéo de la fin du siècle dernier peut désarçonner. Il s’en dégage tout de même une force pop des plus appréciables, de celle qui tire l’auditeur de la grisaille vers des contrées plus ensoleillées. En bon remède à l’hiver et en bonne introduction au printemps, Modern Streets arrive à point nommé, même si l’on peut douter de la longévité d’un tel exercice dans le temps.