Après avoir délivré deux compilations Brit-Funk, des rééditions de raretés gorgées de soleil entre early house, funk et AOR, Chuwanaga, label dirigé par Saint-James et Clémentine, se (re)lance dans la production avec Brume, le nouvel EP d’Ishkero.

Enregistré à l’été 2019, un sirocco jazz-funk souffle dès la première lecture du titre d’ouverture, « Triple B ». Tao Ehrlich (batterie), Adrien « Dridri » Duterte (flute et percussions), Antoine Vidal (basse), Victor Gasq (guitare) et Arnaud Forestier (synthés), musiciens et membres du groupe, synchronisent leurs envies en autant de variations autour de leurs genres de prédilections tout au long des quatre titres de cet EP. Jazz-funk donc, mais pas que. 

« Tonik Gin », le second titre, verse lui dans une fusion bienvenue entre rock et jazz. « Brume », titre donnant la couleur à l’EP, suit durant ses six minutes de multiples pistes : crescendo rythmique, solo de flute, inspirations r’n’b et soul, ambiance éthérée. Des circonvolutions groovesque, qui ajoutent autant de couleurs que de chaleur à une fusion des genres qui peut tourner à la caricature. 

Pas de ça ici. Funk, afrobeat – sur l’impeccable « Gare de l’Ouest » – relents psyché et envolées prog-rock se mélangent tout au long de ce quatre-titres. Non pas pour ne faire plus qu’un, en aplatissant les différences et en lissant la surface, mais en mettant en valeur chaque élément. On sent ainsi l’écoute entre chaque musicien, l’habitude de jouer ensemble et forcément, le plaisir de se lancer dans des sessions de studio. 

Chaud, complexe sans être inaccessible, volontaire : Brume séduit par sa maîtrise d’un groove laidback mais sincère, qui emporte son énergie aux quatre coins du disque. 

Ishkero, Brume
Chuwanaga Records