Nous avions rencontré les One O’Clock à l’époque où ceux-ci nous régalaient avec des beats du tur-fu chinés dans les abîmes du Dark Soundcloud via leur excellent blog. Aujourd’hui mutés en label, nos amis continuent de proposer des folies sonores, mais de l’autre côté du décor cette fois. Après une première K7 signée d’un alias de Dream Koala, ceux-ci sortent sans crier gare la suite de leurs aventures.

Étrange pour des mecs issus de l’industrie de la promotion musicale de ne jamais vraiment prévenir lorsque ceux-ci mettent sur le marché florissant de la musique une nouvelle sortie qui fait bouger les choses. On imagine que le cordonnier est toujours le plus mal chaussé. Toujours est-il que si One O’Clock Records reste très confidentiel, celui-ci est – jusqu’à présent – à l’image de ses fondateurs : élégant, raffiné, pointu. Ce second volet rehausse une fois de plus Pierre & François au rang de défricheurs de haute voltige. Mais penchons-nous sur l’essentiel.

À l’heure où les internets sont plus que jamais focalisés sur l’ébullition des Tops de fin d’année, à laquelle nous apportons également notre grain de sel, il est toujours très compliqué de faire valoir ses disques, aussi qualitatifs soient-ils. C’est dans ce contexte de raz-de-marée sonore que la première sortie de Khry voit le jour et cherche à se faire une place. Et pourtant, les éléments sont bien réunis. Si le choix du format reste contestable (qui a encore un Ghetto Blaster en état de marche parmi vous ?), le discret Khryo fait montre d’une aptitude exemplaire derrière ses machines. En 12 morceaux très (trop ?) courts, celui dont on ne sait pas grand chose prouve qu’il a parfaitement assimilé les codes du beat making californien et digéré ses influences post Dilla & pro-Flying Lotus pour pondre un disque de qualité qui n’a rien à envier aux plus grands. On s’aventurerait même à dire qu’il pourrait sortir de chez le Grand Chef à plumes de chez Stones Throw… Regardez-moi droit dans les yeux et osez me dire que cette référence ne vous est pas venue à l’esprit !

Floral Bouquet est un hommage aux heures de gloire du beat making outre Atlantique et aux chefs d’oeuvre de l’Abstract Hip-hop. On ne saurait que trop citer « Fresia » qui vous secoue en fin de journée, « Miracle » qui vous apaise un lendemain de fête agité ou « Weeds » qui vous recentre sur vos tableurs Excel. Comme tous les disques du genre, les rythmes et samples s’enchaînent et se superposent sans cohésion apparente. Ce serait se fourvoyer que de s’en tenir à cette idée : tout est parfaitement calculé, millimétré, pensé, tel un architecte qui défierait les lois de l’attraction.  Mais assez blablaté, il s’agit de musique après tout.

Comme son grand frère Eternal Sunshine de Ayahuasca (aka Dream Koala), Floral Bouquet est proposé en version physique (Cassette donc) avec un superbe livret fait maison qui fera le cadeau idéal pour votre grand cousin. Vous savez, celui qui vous a fait découvrir le rap en 98 avec Stomy, Gynéco et toute la clique.

Floral Bouquet est disponible depuis aujourd’hui sur Bandcamp