Mad rey

Après avoir chroniqué la première sortie du collectif et label parisien D.Ko, on attendait impatiemment cette seconde release. On y retrouve Mad Rey dont la track sur la première sortie nous avait bluffé. Plus talentueux que jamais, en plus d’être hyper productif, le jeune producteur parisien et le label réussissent leur pari, preuve en est les feedbacks enthousiastes d’Anthony « Shake » Shakir, de Mike Huckaby ou d’Amir Alexander.

Après plusieurs prestations live remarquées et remarquables, nous n’étions pas les seuls à attendre impatiemment ce nouvel EP. A l’origine producteur hip-hop abstract sous le pseudonyme L Rey, Mad Rey acquière durant ses années un talent en termes de sampling qui, couplé à une activité de digger qu’on ne peut que saluer, lui fournisse une vraie aisance en studio. Plus que ça, de L Rey à Mad Rey, ce que l’on note, c’est surtout la facilité déconcertante avec laquelle le producteur est passé d’un registre à un autre, comme si ces années de beatmaking et de sampling lui avaient offert la chance de percevoir les codes et petits trucs de chaque genre.

La première track, « Double Jeu », mêle ainsi savamment une introduction un peu hip-hop pour s’étendre ensuite en une track house aux rimshots endiablés. Mais ce n’est rien en comparaison du « Tribute to Roy Ayers » : le track est parfait pour une introduction, déroulant ensuite un groove implacable sur lequel Mad Rey a greffé un joli sample du producteur et chanteur « le plus samplé au monde », finissant ensuite ce beau moment de house avec un joli solo. « Royal Bar » tape un peu plus fort et plus rapidement, avec un côté Todd Edwards passé dans une machine à laver la house. Enfin, on y trouve le track qu’il faut absolument retenir, « Real Shit ». Si le nom peut laisser perplexe, un rapide coup d’oeil suffira à combler les doutes : dans un style detroit house, un peu déconstruit donc, Mad Rey réussit là un bel exercice de style, comme un clin d’oeil aux Omar S, Jay Daniels et Kyle Hall.

En conclusion, l’EP pue l’été à plein nez et il n’y a rien de mal à cela : que demander de plus ? On promet une belle réussite aux cinq cents exemplaires déjà disponibles sur Internet et chez vos disquaires préférés : le collectif D.Ko défend décidément les couleurs de la France sur la scène house avec un talent indéniable.