Laura Azzaro by Jeanne briand

Nous ne sommes toujours pas certains que le passage de Romain Azzaro par la musique électronique ait été essentiel dans la mesure où la prégnance de ses influences rock est extrêmement visible sur ses productions et que le personnage trouve bien mieux sa place en tant que performer que DJ. En revanche, ce dont nous sommes certains, c’est que nous avons écouté son album avec attention et qu’il est plaisant de voir le chemin parcouru de l’artiste depuis ses débuts au sein de l’écurie Coton Tige.

Don’t Touch My Sister s’écoute en une fois, fait rare et ô combien plaisant pour un album de musique aujourd’hui, la cohérence du discours tout au long des 47 minutes rend le voyage très agréable d’autant qu’on n’y trouve presque aucun élément club. Ne vous méprenez pas, ce premier long format n’a rien d’intellectuel pour autant. Certes, il n’est pas enregistré comme un album de musique électronique classique et son auteur a probablement été influencé par des références sacrées telles que Thomas Fehlmann ou Fennesz, mais l’approche musicale reste bien plus simple, moins sophistiquée certes, mais très percutante et émotive.

Peut-être est-ce dû au fait que malgré les différentes ambiances plus ou moins joyeuses présentes dans 8 des 9 morceaux de l’album, la présence de la guitare délimite clairement la portée de l’album. Elle apporte également un sentiment de sécurité puisque l’on retrouve son grain métallique décliné de différentes façons. On l’entend sonner funky dans « Witches », morceau qui serait l’incartade club de l’album. Elle penche gentiment vers l’expérimentation durant les 5 minutes et 10 secondes d’interlude au milieu du long format. Tandis que dans « Sis », l’instrument à 4 cordes dépeint une atmosphère sombre et nous plonge dans une réalité un peu moins rassurante que celle du reste de l’album.

Les différentes méthodes d’enregistrement employées, sur une durée assez étendue dans le temps (plusieurs années), mêlées aux quelques sonorités électroniques donnent un aspect lo-fi à l’album qui reste essentiellement « rock » dans son fondement. Le son est chaud et la narration de l’album dépeint de beaux reliefs. Le tempo est lent, mais la dynamique est bien présente. Durant ces trois quarts d’heure, on passe au travers de différentes humeurs pour finir de manière assez positive sur » Carrera ».

Après de nombreuses écoutes, on qualifiera le projet Rouge Mécanique de très personnel et touchant. L’album tourne autour de la « femme », entre Jeanne, sa sœur, sa grand-mère Michelle, Azzaro s’oriente de manière bien assumée vers un projet de One-Man-Band qui apparait comme pertinent.

L’album devrait sortir fin juin sur  sur sous label de Rekids, Pyramids Of Mars, en attendant, l’artiste a réalisé avec son ami Louis Vignat un petit film qui s’inscrit en amont de l’artwork réalisé par Jeanne Briand, femme à qui est dédié l’interlude présent au milieu de l’album. Les snippets devraient être publiés prochainement. En attendant, il sera présent à l’opening du Weather Festival sur le parvis de l’Institut du Monde Arabe (IMA).

3,5/5

ROUGE MÉCANIQUE / PRELUDE from LV+AD on Vimeo.