Latency est un nouveau label fondé par des jeunes parmi les plus actifs de la nouvelle génération d’acteurs de la nuit parisienne. Pour la première sortie de leur label, Sydney et Souleymane font les choses bien, dans la mesure où ce premier vinyle est le fruit d’un travail artisanal.  Les deux amis ont sérigraphié à la main  leurs 300 premières copies, qui seront accompagnées d’un livret ainsi que d’une affiche. Si la description du contenant est attrayante, le contenu n’en demeure pas moins élégant. Pour la première sortie c’est la ville de Chicago qui est mise à l’honneur avec le projet Innerspace Halflife constitué par Hakim Murphy et Ike Release, deux artistes qu’on voyait peu en Europe mais qui d’ici quelques mois seront des musiciens de premier plan dans la scène underground.

Hakim Murphy, est connu pour son label Machining Dream sur lequel il a sorti trois albums depuis 2006,  mais surtout car il n’a eu de cesse de produire Ep sur Ep alternant entre différentes maisons telles que Plan B Recordings, Synapsis  Records, Sound Black ou Final Session. Ce palmarès plutôt élogieux est un bon exemple de la nouvelle vague d’artistes déferlant de Chicago. Nous en savons moins sur Ike Release qui est néanmoins très actif sur le label Infrasonic depuis 2009 et surtout avec son « partner in crimes » au sein du duo Innerspace Halflife.

Témoignage d’un fossé de moins en moins profond entre la ville américaine fondatrice de la house et le vieux continent, cet Ep annonce également un retour fracassant des sonorités Raw et de l’usage des machines analogiques. Fétichisme réactionnaire, retour nostalgique à des sons parfois qualifiables de vintage ou besoin tactile irrépressible, la production du Post Industrial Ep est marquée au fer rouge par l’usage des machines analogiques. Au long de ces trois tracks on ressent cette violence latente dans le kick et l’armature de chaque morceau qui captive l’auditeur dès le  début pour faire place à une certaine douceur dès l’apparition des nappes.

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A – Crown Vic

Le ton est donné dès le début, ça sonne raw, le kick agresse, les petites notes de synthétiseur s’impriment dans le tympan et résonnent sur la ligne de basse crade et les sons de boîte à rythme Roland. Les nappes font leurs apparition, et le morceau qui commençait de manière agressive, se transforme peu à peu en une petite balade. Loin de faire l’apologie de l’analogique,  ce qui plait c’est sa profondeur qui pose les bases de l’EP. Le morceau est cependant un peu long , 9 minutes et 20 secondes.

Verdict : 2 /5

B1 – Edo Tensei

Le phase B est beaucoup plus intéressante, ce premier morceau commence directement avec un kick et des jeux de flanger qui nuancent 8 min 42 de nappes planantes et harmonieuses. Les accords de synthé sont aguicheurs mais très biens introduits.  Le track est violent mais atteste d’une finesse rare qui font que les 9 min de ce morceau passent sans que l’on s’en aperçoive. C’est de loin le meilleur track de ce premier Ep.

Verdict : 5/5

B2 – Sink monster

Une ligne de basse ravageuse, encore un jeu de flanger rondement mené avec une ambiance crépusculaire. Ce morceaux fait dans l’esprit de synthèse. Là où les deux premier morceaux mettent du temps à s’installer et revenaient régulièrement sur leurs mélodies, « Sink Monster » est le moins répétitif. Les nappes proposent un vrai récit, le son est beaucoup plus ruff sans pour autant oublier le côté deep, marque de fabrique du duo venu de Chicago. Plus efficace ce morceau théorise parfaitement ce qu’on pourrait appeler « la violence en tout tranquillité ».

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Verdict : 4,5 / 5

Note globale : 4/5Le label Latency à de beaux jours devant lui…

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