Cet article s’inscrit dans une nouvelle offre édito que nous souhaitons développer tout au long de l’année : des formats plus longs, qui prennent le temps de s’atteler à un sujet plus vaste, sans précipitation mais avec passion. Parce que les sorties s’accumulent à une vitesse indécente, il est parfois bon de faire un pas de côté : envisager un disque dans un contexte plus large par exemple, ou s’attarder sur une scène locale bouillonnante, ici comme à l’autre bout du monde. Prendre le temps. Discuter & ausculter un genre, un artiste, un sujet global, une époque, un club, une ville, hors calendrier de sorties ou d’événements. Prendre le temps, tout simplement. 

Après avoir fait un détour par le Japon, puis la ville de Sheffield et son fleuron électronique CPU, retour à Paris et avec la manière : cette semaine, nous nous plongeons dans le catalogue du plus chaud d’entre nous, Favorite Recordings ! Entre rééditions french boogie, compilations AOR & albums funk, le label parisien semble avoir un temps d’avance sur nos goûts, nos envies & même le soleil. Nous allons voir & surtout écouter, toute la semaine, ce qui fait Favorite Recordings. 

Hier, nous faisions un tour dans l’histoire du label, côté musiques. Aujourd’hui, nous restons à la surface de ces disques pour nous concentrer sur un aspect prépondérant d’un label comme Favorite Recordings : les pochettes ! Car une réelle attention semble être portée aux détails, que cela soit dans la qualité de la reproduction d’une réédition ou bien dans la création de pochette originales.

Une identité forte qui a été soignée dès les débuts, en 2006 : un macaron identique, des couleurs proches d’un maxi à l’autre, une typo marquée, l’envie de sortir du lot transparait ainsi. Si bien qu’au fur & à mesure des années et des sorties, de plus en plus nombreuses et de plus en plus variées musicalement, l’identité s’est en quelque sorte éclatée en autant d’univers distincts. Le dénominateur commun, alors, cela serait la chaleur que dégagent ces pochettes. Une chaleur toujours présente, qu’elle soit frontale et érotique – les compilations Disco Reggae, French Boogie Disco Sounds, … – ou plus candide, aux travers de photographies des artistes souriants, doux, colorés, taquins parfois. Aussi, l’utilisation de typo rondes, amicales presque, comme pour faire deviner aux potentiels acheteurs & auditeurs ce qui les frappera à l’écoute du disque : une chaleur. Parce qu’après tout, une pochette doit illustrer un disque, mais aussi l’expliciter. Et chez Favorite Recordings, l’image n’a jamais été aussi proche de la musique. 

« Il y a toujours un point de départ, un détail que j’aime bien sur une pochette par exemple, des clins d’oeil » nous dit Pascal Rioux, boss & DA du label. C’est à force de digger & chiner des disques qui, créés à la fin des 70’s et début 80’s, dans une époque où le vinyle était le format roi, où les maisons de disques devaient attirer rapidement l’oeil des acheteurs et où les moyens y étaient bien plus importants, que Pascal a développé un oeil pour ces pochettes. Si bien qu’au delà de la réédition – la restauration et mise à jour des pochettes déjà créées – le label a su développer une identité visuelle unique, forte, marquante. Une identité qu’il développe en de nombreuses sous-catégories : chaque compilation a sa pochette propre, déclinées en autant de volumes que nécessaire. « Sur les French Disco Boogie Sounds, on a fait des séances de studio à chaque fois : avec un photographe, mannequins, coiffeuse et maquilleuse, à l’ancienne. C’est bien moi, là (rires) J’ai commencé à faire ça pour le première volume, et je me suis dit qu’il fallait continuer. »

Une envie de créer quelque chose d’unique, dans un univers ou un autre, toujours en cohérence avec le contenu. L’approche est différente pour une autre série de compilations, les AOR Global Sounds : « sur les compiles AOR, j’aime bien que ça soit simple, dépouillé. Il y a un lien entre les volumes. »

«Pour les maxis Favorite, chaque année a sa pochette générique différente. On a des gros vendeurs, des disques que l’on represse régulièrement et qui ne sont plus conditionnés dans la même pochette que le pressage d’origine. On peut distinguer l’année du repressage.» 

 

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