Paul Régimbeau aka Mondkopf défend depuis de nombreuses années maintenant une vision et une esthétique musicale sans concession et sans équivalent dans la scène française et internationale. Adepte d’une musique abrasive, puissante, d’une singularité indescriptible, lui et son label, In Paradisum, se font entendre par-delà les clubs et les scènes du monde pour se diriger également vers l’écran, le cinéma et l’image. Mondkopf sort d’ailleurs un morceau sur la nouvelle compilation du label Research, nouvelle subdivision expérimentale de Split Agency. Nous l’avons rencontré à cette occasion.  

Comment est-ce que tu présenterais ton travail en quelques mots ? 

C’est une question difficile, surtout que mon travail ne cesse de s’élargir en ce moment : j’ai beaucoup de projets en plus de Mondkopf. Mais j’essaie d’explorer le son par l’émotion, et avec ma curiosité, sans me mettre de limite, si ce n’est la technique et le goût, ce qui laisse déjà pas mal de champ.

J’ai lu quelque part que tu venais d’une scene plutôt orientée metal à la base, comment est né le projet Mondkopf ?

Je ne viens pas d’une scène métal, en fait je me suis intéressé au genre assez tard, bien après le lycée. Avant ça, j’écoutais plutôt du hip-hop et de la musique électronique. C’est comme ça qu’est né Mondkopf : au lycée, en téléchargeant des logiciels de MAO et essayant naïvement de recréer ce que j’écoutais. A la fin des années 2000, j’ai commencer à ne plus trouver d’excitation dans la musique que j’écoutais auparavant. Grâce à des blogs qui partagent avec passion leurs découvertes musicales, je suis entré dans le genre métal et d’autres musiques extrêmes. J’y ai découvert une nouvelle forme d’énergie et un travail sur les ambiances qui me touchaient beaucoup plus, comme si quelque chose attendait de se réveiller en moi…

Tu es le fondateur du label In Paradisum, peux-tu nous parler de sa création et de l’esthétique (ou philosophie ) que tu souhaites défendre à travers cela ?

Avec Guillaume (co-fondateur du label), on essaie de partager avec le public des disques que l’on aime dans un cadre de musique électronique assez large. On aime connaitre l’artiste personnellement avant de le signer et surtout il faut que la musique nous parle à tout les deux. Il se peut aussi qu’on ne sorte pas la musique d’un artiste pourtant habitué du label si elle ne nous plait pas. On veut pouvoir défendre le disque avec tout notre coeur. Je ne sais pas si il y a vraiment quelque chose à défendre si ce n’est que la musique électronique (mais la musique en général aussi) doit être libre et porter des émotions.

Quel regard portes-tu sur ta (déjà longue) carrière aujourd’hui ? Qu’est ce qui t’a marqué ?

Je suis heureux de voir que ma carrière est en constante évolution et prend toujours des directions inattendues pour moi. Je suis content de ne pas avoir besoin de faire de compromis. Des chemins se forment sous mes pieds, dans un enchainement de hasards et de rencontres inattendues qui construisent non seulement ma carrière mais ma vie en général. Je déteste jouer des coudes et j’ai l’impression d’être là où je devrais être sans avoir eu besoin de le faire. Je ne sais pas à qui ou quoi je dois être redevable de ça mais je lui suis reconnaissant.

« Je suis heureux de voir que ma carrière est en constante évolution et prend toujours des directions inattendues pour moi.« 

Comment travailles-tu sur ce projet aujourd’hui ?

De la même manière qu’il y dix ans, dans ma chambre. Avec quand même quelques voyages en plus par moment…

Qu’est-ce que tu aimerais faire musicalement, que tu n’a jamais fait ?

J’aimerais me mettre à la guitare un jour… 

Comment réagis-tu au fait que ta musique soit utilisée assez fréquemment à l’image désormais ? Est-ce que l’aspect cinématographique est quelque chose que tu souhaites développer davantage et comment?

Je suis touché que des gens aiment ma musique en général, alors qu’on y trouve un intérêt pour un film ou un court-métrage, ça me touche d’autant plus, puisque ça veut dire que les personnes qui l’utilisent y trouve un lien avec leurs propres oeuvres. J’ai commencé à travailler sur quelques bandes originales pour des films et court-métrages, une fois qu’on comprend un peu les ficelles, ça peut devenir un vrai plaisir ! Il faut de suite mettre à plat les compromis qu’on va demander de la part du musicien et du réalisateur. Ensuite, ça peut-être très jouissif de voir sa musique prendre vie sur des personnages ou des paysages.

Comment s’est faite la collaboration avec le label Research ? 

Il m’ont d’abord contacté, il y a peut-être deux années de ça, pour s’occuper de placer ma musique à l’écran avec leur agence Split. Comme ce sont des passionnés de musique, ils ont décidé de lancer leur label et ont commencé par sortir cette compilation pour laquelle ils m’ont demandé de participer sans aucune ligne directrice. Il font confiance aux artistes, ce qui me va bien.