Une collection de balades lo-fi, baléaric & minutieusement ciselées : c’est ce que contient le dernier LP de Domenique Dumont, Miniatures de auto rhythm, le premier depuis 2015 chez Antinote. Un travail rare. 

Le temps passe très vite chez Antinote. À peine plus d’un an après la sortie en forme de célébration de leurs cinq années d’existence – dont nous avions parlé ici même – et, quelques mois après les débuts de Slowglide, résident plus ou moins permanent des soirées Phonographe Corp, les voici avec un objet inattendu : un album de Domenique Dumont – aka Artūrs Liepiņš et Anete Stuce – soit leur premier effort depuis 2015 et l’étrange Comme Ça.

Le fait est que ce LP est (déjà) disponible depuis deux mois – soit, en langage actuel, une éternité. Et pourtant, point de lassitude ou d’ennui à chaque écoute de cet objet pop de trente minutes seulement, bien que très end-of-summer-friendly. Un plaisir renouvelé, mûri, qui grandit aux rythmes des ré-écoutes & des découvertes qui s’ensuivent. Car bien que court et relativement léger, il n’en est pas moins un bijou de complexité simple.

L’ensemble intrigue : lo-fi dans la posture mais avec une production millimétrée, il saisit nos émotions en très peu de temps, d’efforts & de notes. Les ambiances se succèdent, les bruits de la ville ou de la nature nous entourent (« Message Of The Diving Bird »), nous sommes bercés par les guitares douces du « Sans cesse, mon chéri » avant le final d’une rare beauté, « Le soleil dans le monde ». Des bruits de pas nous annoncent le morceau à venir, ils se synchronisent peu à peu sur le rythme d’un beat étouffé, avant de se refermer de la même façon, quatre minutes plus tard, aux rythmes de pas que l’on imagine s’éloigner, au soleil couchant.

Il faut beaucoup d’habilité pour créer ces ritournelles pop, à la fois facile d’accès, voir catchy et mobilisant toute notre attention, pour ne manquer aucune note, mélodie ou beat vaporeux. On se surprend à vouloir fredonner des gimmicks, des riffs de claviers ou des morceaux de phrases, sans toutefois s’en rapprocher le moins du monde. La substance mélodique nous échappe, nous glisse entre les doigts dès qu’on croit l’atteindre. À la façon de ce sentiment de fin d’été, parfaitement identifiable et pourtant, insaisissable.

Miniatures de auto rhythm est disponible via Antinote.