Laurel Halo, la jeune prodige de Ann Arbor, revient en cette rentrée avec un double EP intitulé In Situ. 3 ans après Chance of Rain son deuxième album, et un EP Behind The Green Door, parus tout deux chez Hyperdub, l’américaine trouve refuge cette fois sur Honest Jon. In Situ est, à l’image de ses précédents disques, un condensé de rythmes hybrides et de sonorités électroniques psychédéliques.

Minimale et offrant un sens du détail affiné, Laurel Halo nous donne à entendre beaucoup plus que ce que l’on pourrait identifier de prime abord. Une foule d’influences se mélange au cours des 8 morceaux qui composent cet EP à la densité flottante. Ce qui frappe tout d’abord, c’est l’extrême précision apporté dans le choix des sonorités, l’impact de celles-ci et la définition de l’espace. La jeune productrice pose un cadre protéiforme qu’elle prend un malin plaisir à distordre, fondre et casser sans cesse. C’est ce qui compose la singularité mais aussi la familiarité des morceaux, à l’image de « Focus I », morceau de jazz  aux envolées de piano électrique, qui serait dans la plus pure tradition du genre si ce n’était pour sa rythmique breakée, ses sonorités électroniques habituellement rencontrées dans la dance music. La productrice est passée maîtresse dans l’art du jeu avec les sens et nous transporte dans des contrées dont elle maîtrisent chaque recoin. Les 8 morceaux qui composent ce disque nous font voyager au cœur d’une expérience riche et subtile, où se mêlent les genres et les idées, déroutant l’auditeur tout en faisant appel à la familiarité qu’il peut entretenir avec certains sons, certaines mélodies. Cette contradiction savoureuse et maîtrisée fait de In Situ un disque à la fois déstabilisant et chaleureux, le genre de chose parfaite pour un glissement dans l’automne.