L’heure du retour au quotidien a sonné : mais avant de prendre le premier métro matinal, retour sur l’un des disques qui a sonorisé notre été, la superbe compilation Onda de Amor: Synthesized Brazilian Hits That Never Were (84-94), par Soundway Records

Encore une autre compilation de pépites du passé, me diriez-vous ? Et bien oui. Passée notre première réticence et méfiance à l’égard de l’objet, force est de constater qu’il s’agit d’un réel travail de digger passionné, et authentique. Contrairement à la majorité des sorties du genre – dont nous pointions du doigt les limites de l’exercice – ce Onda de Amor… brille par sa cohérence.

Sélectionnés par le DJ, producteur & organisateur de soirées Millos Kaiser – moitié du duo Selvagem, les morceaux nous proviennent tout droit d’une période honnie (par beaucoup) de l’histoire musicale brésilienne, les années 80 & 90’s. À l’image des productions internationales – en tête, américaines et anglaises – ou bien de chez nous qui replissèrent notre Top 50 d’alors, l’arrivée massive et mal maîtrisée des synthétiseurs ainsi que de nouveaux modes de productions ont radicalement changé le paysage, au point de créer, à la chaîne, des chansons cheap, au goût de plastique uniformisé. Ces avancées technologiques ont provoqué un tournant dans la tradition musicale des-dits pays – car, si aujourd’hui les 80’s forment un bloc compact & indétrônable dans l’imaginaire collectif de l’Histoire de la musique, il n’en n’était rien alors.

Et ce qui a été un changement radical dans nos contrées l’a été encore plus dans un pays où la musique se vit si fort, tel que le Brésil. D’où le sous-texte qui définit en un claquement de doigt cette compilation : Synthesized Brazilian Hits That Never Were. C’est – en partie – parce qu’ils étaient fait de synthés que ces morceaux n’ont pas eu leur instant de gloire, du moins par une portion de la population, et qu’ils ne grossissent pas les rangs des must-have qui se négocient à prix d’or entre collectionneurs.

Une cohérence, donc, dans les artistes représentés ici. Du synthé partout, toujours, qu’il soit breaké façon early rap dans le sautillant « Break de Rua » de Villa Box, smooth façon reprise du tube de Sadé, « Sweetest Taboo » par Vânia Bastos, ou encore zouk dans le « Cheira » de Bastita Junior. Partout, une incroyable dose de douceur se diffuse, du funk plus brut à la disco qui ondule. Le sommet du disque reste le carrément afro « A Festa É Nossa » de Grupo Control Digital, à mi-chemin entre Digital Zandoli et Franky Vincent.

Immédiatement datés mais touchants, ces morceaux sont des petits bouts de bravoure, parvenus jusqu’à nous par la magie du digging. C’était bien pour l’été, et ça sera parfait pour la rentrée.

Onda de Amor: Synthesized Brazilian Hits That Never Were (84-94) est disponible via Soundway Records.