Le 4 mars, le label anglais R&S accueille la toute dernière galette de l’excellentissime Space Dimension Controller. On l’a écouté, on peut vous dire que c’est une pure bombe. Et je pèse mes mots. Nous n’avons jamais parlé de cet artiste hors normes, cet article a pour but de réparer cette grave erreur.

Pour t’accompagner durant la lecture de cet article, tu peux écouter le Live @ Robert Johnson de SDC enregistré en 2011 :

Le paysage sombre et chaotique de Belfast, la ville aux miradors et peintures anarchistes, a engendré un artiste au bord de l’illumination dont la côte monte peu à peu et qui ne tardera sûrement pas à exploser : Mr 8040 aka Space Dimension Controller. Jack Hamill ne plaisante pas avec la musique et sort ses premiers disques à partir de 17 ans sur Acroplane, Kinnego et Royal Oak. Il n’écoute pas de musiques, sauf, de son propre aveu, lorsqu’il voyage ou qu’il mixe et garde son inspiration intacte et pure.

Il n’est pas passé à côté des oreilles du prestigieux R&S qui décide de signer « Temporary Thrillz », un mini LP. R&S ne le lâchera pas, et produira également son grand frère, « The Pathway to Tiraquon6 ». 23 ans à peine et déjà 5 disques tout aussi surprenants les uns que les autres au compteur : SDC ne chôme pas. R&S s’est rarement trompé sur ses poulains (James Blake, Pariah, Blawan, Lone)… Chaque sortie du Controller est un bras d’honneur levé à la gueule de producteurs sur le retour pataugeant dans des mares de couronnes de lauriers écrasées depuis bien longtemps par leurs grosses têtes et leurs égos démesurés. La qualité de ses lives et l’originalité de ses productions font de Jack Hamill un artiste méritant une avalanche de fleurs.

Ses disques suivent tous une même histoire, celle d’un voyage dans une nouvelle région de l’espace, le Mikrosector50, digne de Battlestar Galactica, de Star Wars et d’une ribambelle de jeux vidéos vintages. Les claviers rétro renforcent l’ensemble et donne à sa musique une dimension intersidérale. Les influences techno old school de Drexciya à LFO se font sentir tout au long de sa discographie. Parmi ses nombreuses particularités, SDC fait des disques courts avec beaucoup de tracks. On va à l’essentiel, et sans simplicité ni minimalisme.

Nous sommes donc arrivés au terme de son voyage et avons enfin pénétré le tant convoité Mikrosector50 après avoir franchi les quartiers haute sécurité formés par Tiraquon6 : « Get ready for a new experience in Galactic Funk », comme l’annonçait Pathways to Tiraquon 6. Sans surprise, la prod est précise et impeccable. SDC a beau être un adepte de l’autotune et de la saturation, on est réellement emporté par sa démence. Le génie s’exprime dans cette Funk galactique, disco interstellaire, ces montées cosmiques à n’en plus finir qui semblent ne connaître aucune limite. 1h durant, MR 8040 nous embarque dans des montagnes russes de l’espace sans nous demander notre avis, ça monte, ça descend, c’est éprouvant. Des guitares heavy metal résonnent et déchirent les cieux telles un Destroyer Stellaire dans cette apocalypse savamment millimétrée. Le kitsch dans toute sa splendeur…

Cette oeuvre cinématique sera donc disponible dès le 4 mars sur R&S, juste après un EP teaser avec director’s cut. Le compte à rebours de la bombe est enclenché. Une bombe à retardement qu’aucun radar ne pourra détecter et qu’aucune autorité ne pourra stopper…

@CyprienBTZ