Cotonete sort sur l’éclectique Heavenly Sweetness son premier LP depuis sa récente reformation. Nous avons pris le soin d’écouter cet enregistrement studio, exercice périlleux qui a longtemps fait défaut au groupe jusqu’à causer son arrêt en 2013 …

L’album débute fort : « Barbaros », le morceau d’ouverture, emmené par une grosse section rythmique basse-batterie, est arrangé façon Groundation – le groupe de reggae californien qui a révolutionné le genre en le couplant avec le jazz à la fin des années 1990 – avec des parties dédiées aux solos de cuivres (trombone, trompette), un clavinet et la guitare en arrière-plan. On aime.

Le tempo rapide et les cuivres de « Isaac Washington » et « Last drink » nous ramènent une décennie encore plus tôt, voire deux, avec pour ce dernier une introduction qui rappelle le classique « Superstition » de Stevie Wonder. Ce son « brass funk » est aussi présent sur « Fried Grease », qui clôt l’album. D’autres pistes telles « Escola francesa dos tubaroes » sont plus soul, plus hypnothiques (« Super-vilain wants love« ). Ceci dit, on ne perd ni en technique, ni en maturité. 

Car Cotonete, rappelons-le, est un groupe parisien datant des années 1990 qui a été relancé il y a deux ans sous l’impulsion de Melik Bencheikh – le boss de Heartbeat Vynil – et a depuis deux ans sorti quatre EPs avant de présenter ce « full album ». Cet LP nous raconte aussi l’histoire du groupe, nous rappelle pourquoi il est connu : ils revendiquent eux-mêmes leur amour originel au groove jazz-funk teinté d’une chaleur venue des musiques sud américaines (avec en tête, Deodato, Lalo Schifrin, Banda Black Rio) comme on peut l’entendre sur « Layla » ou « Guarani Kaiowa ». Avec cette-fois des inspirations puisant du côté des sorties 70’s du label Blue Note, de Herbie Hancock (« Fried Grease ») ou Patrice Rushen : on navigue autant entre les genres qu’à travers les décennies, avec grâce.