La première fois que l’on vous a parlé de Caandides, ça devait être il y a un an. Convaincus par la qualité et l’originalité de Before The Art, nous l’avions ensuite classé dans la rubrique Meilleurs Ep de notre Best Of de 2012; le groupe figurait quant à lui, dans la rubrique Meilleures Découvertes. Il était donc évident pour nous de rencontrer les membres de Caandides et de leur poser quelques questions. C’est après un concert en janvier dernier (et oui on a mis du temps) que nous avons pu discuter avec les quatre musiciens du groupe, Théo, Jules, Dylan et Noé, et leurs deux graphistes, Gaby et Lolita. Ces trois derniers mois ont été assez chargés pour la formation parisienne: une série de concerts dans de nombreuses villes françaises, plusieurs dates en Angleterre, la première partie de Concrete Knives, la réalisation d’un nouveau clip, la sortie de leur site internet,… Caandides, reste fidèle à son univers electro-pop-tropicool et ne cesse de surprendre par la force de ses lives qui en fait un groupe prometteur pour la nouvelle scène indie française. Pour preuve, Fauve, sensation musicale du moment qui intrigue autant les labels que la presse spécialisée, les a choisi pour assurer leur première partie de la quatrième Nuit Fauve, ce soir à La Flèche d’Or. On ne saurait donc que trop vous conseiller de suivre Caandides de près, très près même. 

– Votre musique fait preuve de beaucoup de maturité, alors pourquoi avoir choisi Caandides comme nom ?

Théo : A la base c’est un peu un nom pris au hasard. Mais plus on avançait dans notre projet, plus ça prenait du sens. On s’est rendu compte qu’il y avait une démarche assez candide dans notre travail, dans le sens où on ne tirait jamais de certitudes de ce qu’on faisait.

– Mais lorsque vous vous êtes rencontrés, vous n’avez pas ressenti une sorte de certitude de vouloir créer quelque chose tous ensemble ? Raconter nous comment ça s’est passé ?

Théo : C’est un peu une suite d’accidents en fait. On a commencé à jouer ensemble il y a très longtemps avec Jules dans un autre groupe qui était plus figé dans un certain genre de musique. Quand on s’est lancé dans Caandides, on savait déjà qu’on voulait faire quelque chose de moins conventionnel, d’un peu moins défini.

– Et votre Ep alors ?

Théo : On l’a enregistré et composé durant différentes périodes, ce qui a donné la forme finale de ce disque.

– Comment ça se passe quand vous composez ? Qui fait quoi dans le groupe ?

Jules : Chaque morceau a une part très importante de production. On part sur des morceaux assez simples, puis après avec l’ordinateur on va rajouter plein d’éléments dessus : de la guitare, de la basse, des percus,… C’est la particularité du processus. Après on répète pour pouvoir les jouer en live.

Théo : Parfois on part d’un sample, puis on compose le reste à partir de cet élément-là. Il arrive un moment où on est obligé de s’approprier le morceau instrumentalement parce qu’on n’est pas non plus un groupe purement électronique et qu’il faut qu’on l’adapte à la scène.

– Quelles sont les plus grandes difficultés que vous rencontrez quand vous composez justement ? Ça doit pas toujours être facile de procéder de cette manière ?

Théo : Ce qui est le plus dur c’est de faire le tri entre toutes les idées qu’on a eu au moment de l’étape du maquettage et de l’enregistrement. On est souvent en surcharge d’informations.

Et cette idée de partie rythmique (steel drum, batteur debout, mélande d’accoustique et de beat électroniques) comment vous est-elle venue ?

Noé : Je ne pense pas que ce soit une idée précise qui est établie cette formation. On vient de groupes plus rock à la base. Le fait d’avoir des beats électroniques ça nous a permis de nous poser la question de comment mettre ça en scène pour nos live. C’est la raison pour laquelle on a choisi de mélanger l’acoustique avec l’électronique. Les percussions permettent d’avoir une partie sur les morceaux où on peut improviser, varier les rythmiques. Parfois je prends le relais sur les samples et les séquences préenregistrées, je change le rythme de base et fais des variations sur certains éléments.

– Et le steel drum ??

Noé : C’est un hasard comme le reste du groupe ! A l’époque où on répétait il y avait un steel drum. Un jour je l’ai pris, j’en ai joué et on a trouvé que ça correspondait bien à un son qu’on recherchait.

Théo : Ça tombait bien aussi qu’on ait un steel drum parce que sur nos morceaux il y en avait en rythmiques électroniques. Et Noé faisait ces parties là au Glockenspiel, mais ça n’avait pas du tout le même son. Ça nous a carrément aidé d’avoir l’instrument en vrai.

– Concernant la partie samples, qui est-ce qui s’en charge ? D’où est-ce qu’ils proviennent généralement ?

Théo : Il n’y a pas vraiment de choix de samples particuliers. Soit ce sont des samples que l’on crée nous-mêmes, soit ce sont des trucs vraiment inconnus qu’on triture dans tous les sens pour pas qu’on puisse les reconnaître.

Jules : Le choix de nos samples et leur cohérence ne viennent pas nécessairement du types de morceaux ou des ambiances d’où on les prend. C’est la mélodie qu’on essaye de leur donner qui fait qu’ils peuvent être reconnaissables dans nos morceaux. C’est un choix d’écriture en fait, pas de sonorités ou d’instruments.

Théo : Mais tu vois, ce n’est pas toujours automatique. Parfois on trouve des samples en essayant des trucs, par pure expérimentation. C’est directement en lien avec le nom du groupe au final : il y a beaucoup de choses qui arrivent par hasard, sans être voulues. Mais le piège avec le sample c’est que parfois tu as envie d’en foutre vingt couches sur le même morceau. Du coup, d’où l’avantage d’avoir le steel drum en vrai instrument qui à la base était un sample.

– Vous dîtes que vous êtes six au total alors qu’on vous voit à seulement quatre sur scène. Caandides c’est plus un groupe ou une sorte de collectif pluridisciplinaire ?

Théo : C’est un groupe constitué de quatre musiciens et de deux graphistes. Mais on travaille un peu comme eux, on expérimente, on tâtonne. C’est très éclectique.

Lolita : En réalité, dès notre premier concert, il y a eu des visuels. On a fait évoluer ça ensemble et la manière dont on travaille, de la musique aux visuels, est complémentaire. Nous de notre côté on expérimente beaucoup, on essaye de créer des ambiances qui collent parfaitement à la musique. On échange beaucoup entre nous et tout se construit petit à petit. En plus, nos références et nos volontés sont assez similaires, ce qu’on voulait explorer visuellement était assez proche de ce qu’ils voulaient explorer musicalement.

Gaby: A la base on se connaît d’avant le groupe. Mais encore une fois c’est arrivé naturellement, d’une manière accidentelle. On a proposé de faire une projection pour notre premier concert qui était dans un appartement. Rien n’était prévu, on leur a filé un coup de main, ça a fonctionné et on a décidé de continuer comme ça. On n’a jamais remis en question le fait de travailler avec eux, ils nous font totalement confiance et nous aussi.

– On parle d’éclectisme depuis toute à l’heure. Quelles sont vos plus grandes influences dans le groupe ? Qu’est-ce que vous avez écouté plus jeune qui vous a donné envie de faire de la musique ?

Jules : D’un point de vue musical mais aussi visuel, il y a pour moi une figure importante: Brian Eno. Il fait pour moi partie de ces artistes qui ont toujours expérimenté, cherché des choses mais tout le temps de manière ludique et décalée mais avec une démarche très forte derrière.

– Comment décrirez-vous votre univers musical aujourd’hui ?

Jules : empirique !

– Vos projets pour la suite ?

Théo : on va se lancer dans la sortie de singles avec des clips qui, on l’espère, nous permettront d’enregistrer notre premier album. On a déjà le nom, il s’appellera « Winter ». Et plein de surprises !

Pour plus d’informations: http://www.caandides.com/, site interactif avec un jeu vidéo / Facebook / Bandcamp et l’Ep « Before The Art«