Nous arrivons au terme de cette année riche en sorties intéressantes, malgré tout ce que l’on pourra dire sur la sur-enchère du marché de l’électro. Il est donc temps de faire le point sur l’année et de préparer notre « best-of 2011 ». Scratch Massive, avec leur dernier opus « Nuit de rêve » sorti sur Pschent, auraient aisément pu faire partie de ce palmarès. Or, nous avons pensé que cet étrange album méritait plus que 3 lignes sur un simple article surchargé de pochettes de disque.

Maud Geffray et Sébastien Chenut ne sont pas des débutants et ont sorti le 31 octobre dernier leur 4ème album. A noter que le précédent est sorti sur le prestigieux label Kompakt. Il aura fallu 3 ans au couple de producteurs pour accoucher de ce grandiloquent Nuit de rêve enregistré dans les studios d’Agnès B. N’ayant pas envie de tomber dans les clichés de la chronique d’album électro de base, je vous évite le discours du « concept-album ». Toujours est-il que ce « featuring-album » regroupe des guests de tout bord (Koudlam, Chloé, Jimmy Sommerville) mais ne dénature pas pour autant le travail originel de production et en fait un album d’une extrême cohérence dans le son et le rythme.

Le long format, entièrement composé au Minimoog et au Yamaha Vintage, fleure bon les 80’s et cette bonne vieille New-wave. Dès l’ouverture, Pleine lune, Scratch Massive nous embarque dans les tréfonds de son univers épique et impitoyable teinté de Synth-Pop. La mélodie fait appel à nos émotions et sentiments les plus enfouis. Waiting For a sign, morceau composé avec ce flemmard de Koudlam, hausse le ton avec ses basses sournoises. J’ai beau être un grand déçu du Koudlam en live, je reconnais que sa voix rauque et passée au compresseur apporte une valeur ajoutée non-négligeable. Les ballades s’enchaînent toutes seules, car oui, nous pourrions qualifier cet album de « grande ballade électronique ». Take me there, Paris ou Secrets auraient aisément pu faire partie d’une B.O de polar noir et malsain, ceci est peut-être dû au passif de réalisateur et scénariste des producteurs.

Scratch Massive – Pleine lune

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Scratch Massive – Paris feat. Daniel August

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N’attendez pas de Nuit de rêve de « dance-floor killers » ou « electro-bangers », ici, le ton atmosphérique nous invite à nous affaler dans un canapé, un verre de Jameson à la main, les yeux rivés sur la cheminée. Le temps est à l’introspection et non au déhanchement. D’un naturel sombre et rugueux, les envolées atmosphériques omniprésentes dans l’oeuvre rappellent un côté romantique, bestial et légèrement baroque. L’amour et la mélancolie s’associent pour créer une ambiance unique, j’en veux pour preuve l’instru épique de Follow me.

Scratch Massive – Follow me

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En somme, l’album s’écoute d’une traite dans son intégralité, sans interruption, et nous raconte une histoire. Les auteurs ont fait du neuf avec du vieux, créant une musique aux antipodes de ce qu’ils avaient auparavant proposé dans leur discographie. Mais n’est-ce pas le principe même de la musique? Nuits de rêve est à contre-courant de ce qui peut se faire aujourd’hui dans le petit monde de la techno et est à ne pas mettre dans les oreilles d’un dépressif. Joyeuses fêtes.

Le podcast de Scratch Massive pour Tsugi
Let the beat control your body…

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