Vondelaprk

 

On aime bien R&S Records chez Phonographe Corp et on ne se cache pas de le montrer. Après l’excellent « Welcome To Mikrosector-50 » de Space Dimension Controller,  on ne voulait manquer l’occasion de vous parler du premier album de Vondelpark, « Seabed », sorti la semaine dernière sur le label de Renaat Vandepapeliere et Sabine Maes. Même si on change drastiquement de registre par rapport au projet de Jack Hamill, Vondelpark apporte un style hors format à R&S et devient le second groupe à être signé sur le label belge après Egyptian Hip Hop. Un nouveau nom à ajouter à la liste d’artistes talentueux et originaux qui font de R&S un acteur incontournable de la scène indépendante, tous genres confondus, depuis plus de 25 ans maintenant.

Vondelpark, c’est le projet de trois amis d’enfance, Lewis Rainsbury, Alex Bailey et Matt Law qui ont grandi à Surrey dans la très lointaine banlieue Sud de Londres. Une bande de potes, comme d’habitude, animée par une même passion pour la musique à laquelle ils vont donner forme en créant leur premier groupe, Lion Club. Malheureusement, le projet ne va pas connaître le succès espérer et ses membres se sépareront rapidement. Mais les trois amis d’enfance ne vont pas désespérer et décident alors de créer leur propre formation et de la baptiser Vondelpark, en hommage au célèbre parc d’Amsterdam.

Eduqués à la UK Bass et au post-Dubstep, qu’ils découvrent dans les clubs underground de la capitale anglaise, le trio refuse cependant de se restreindre à cette nouvelle mode, voire manie, qui gagne la scène électro et indie : composer avec son ordinateur sur Ableton. Vondelpark, prône un retour à l’analogique, aux véritables instruments et à l’énergie des « vrais groupes ». « On veut faire de la musique que les gens n’apprécieront pas que cette semaine, mais aussi dans dix ans » affirme Matt Law dans un entretien pour Pitchfork en Février dernier. Vondelpark visionnaire ? Peut-être pas, mais ambitieux, certainement. Une volonté et des influences que l’on ressent totalement sur la première version de « California Analog Dream » : une voie déraillée en retrait et une rythmique bien crado, mais un univers qui commence progressivement à prendre forme.

Après la sortie de Sauna en 2010 et de NYC Stuff and NYC Bags l’année suivante, deux Ep qui ont su séduire les diggers d’indie, le trio londonien dévoile désormais son premier album Seabed. Il aura fallu 18 mois de travail au groupe pour achever ce premier LP. Près d’un an et demi de studio et d’enregistrement, souvent coupés du monde, dans leur univers quasi insulaire. « C’est de là que le nom de l’album est venu, nous n’avions pas l’impression de vivre dans le monde réel, nous avions l’impression d’être sur notre propre îlot, Seabed » explique très clairement le chanteur du groupe, Lewis Rainsbury.

Vondelpark Live

Il ressort alors un album ambitieux, entre la dream-pop et le R&B, que l’on écoutera de préférence lors de moment de détente et de tranquillité. Un album sur lequel on reconnaît facilement les influences UK et Ambient du groupe (« Closer » et « Bananas (On My Biceps) ») mais aussi celle de Drake et The Weeknd (le côté lover de « Come On » et de « Seabed ») ou encore de Robert Glasper (ambiance jazzy et Vocoder sur « Blue Again »). Les guitares sont sans doute l’un des points forts de cet album : entêtantes mais discrètes, elles rappellent parfois le jeu du jeune King KruleQuest » et « Always Forever ») mais aussi celui de Peter Hook de New Order. Mentions spéciales pour les deux morceaux sans lesquels Seabed n’auraient rien d’étonnants : « Dracula », morceau composé après le retour d’un concert assez épique en Roumanie sur lequel la prod n’a rien à envier à celles de Jamie XX ou de James Blake. Et « California Analog Dream », donnant limite l’impression de faire tâche avec son intro à l’harmonica, mais qui reste le meilleur morceau de l’album par son ambiance et son groove créé par ce petit riff de guitare. Rainsbury surprend avec sa voie, beaucoup plus assurée que sur la première version, et nous montre la beauté de son talent de chanteur.

Seabed est donc un premier album prometteur pour un groupe dont les membres ont à peine passé la vingtaine. Un LP quelque part entre Kindness, Jessie Ware (pas pour la voix) et Radiohead, et qui ne décevra pas les puristes d’électro-indie. On peut juste lui reprocher la longueur de certains morceaux et l’absence d’un titre supplémentaire dans la veine de « Dracula » ou « California Analog Dream ». Un album léger, qui ne vous touchera pas au plus profond de vous-même, mais qui fera son effet écouté dans la plus grande des intimités en vous laissant aller à vous-même. « C’est typiquement un album à écouter dans sa chambre » confie Lewis Rainsbury. Moi je dirai, à écouter allonger dans un parc au soleil.

Retrouver le remix de « California Analog Dream » par Factory Floor ici.

Vondelpark – Seabed (R&S Records)

Disponible

Seabed

Pour plus d’informations: Facebook / R&S Records