Il a même déjà commencé, hier soir. Le plus populaire & reconnu des festivals de la capitale des Gaules, Nuits sonores, a mis sur orbite sa dix-septième édition. Cinq nuits & cinq jours à parcourir la ville, trois jours de débats et discussions, un OFF presque aussi fourni que le in : voilà pour les grandes lignes. 

Chaque année, c’est la même chose, la même question et le même casse-tête : comment établir un programme qui allie détente, découverte et valeurs sûres ? Cette question, les programmateurs de l’événement se la sont posés, aussi. Ainsi, cette édition 2019 est bien plus différente qu’une autre. Au premier abord, nous retrouvons les éléments devenus indéboulonnables : les Days, de plus en plus couru, curated par des artistes – deux femmes et deux hommes, Bonobo, Peggy Gou, Maceo Plex et Lena Willikens, – réguliers ou non de l’événement, les trois nuits, entre-coupées du Circuit Électronique qui prévoit d’investir tous les clubs de la ville, avec une entrée à petit prix et un closing day en grandes pompes. À cela, s’y ajoute des événements spéciaux : des formats plus intimistes, au Sucre le plus souvent, pour vivre le festival autrement que dans les immenses Usines Fagor-Brandt. Et au vu des annonces concernant la billetterie et l’état des préventes, ces événements sont demandés.

2019 marque donc une envie presque multiple, double, de proposer un festival « classique » – grands espaces, grande programmation – et un plus réduit, sans lâcher sur la qualité. Aussi, petite révolution en terres lyonnaises : le retour des feu Apéro Sonores, intitulé « A Street With », afin de reprendre place dans les rues de la ville, délaissées ces dernières éditions – mis à part les Extra!.

Enfin, l’offre plus académique & politique, European Lab, devient un Camp où s’y ajoute des concerts, en lieu et place d’une traditionnelle carte blanche dédiée à une ville, abandonnée cette année. Un festival qui évolue, bien qu’étant dans sa dix-septième année, même par petites touches, est toujours bon signe. Mais pour l’heure, place aux choix et nous en avons fait, malgré nous, car impossible de tout voir : voici nos 10 actes à ne pas manquer !

crédit photo © Laurie Diaz

Front de Cadeaux

Ils se qualifient eux-mêmes de « pédés » et jouent des disques à la mauvaise vitesse, qu’ils appelent le « supreme rallentato » : Front de Cadeaux est sûrement le duo avec l’idée la plus bête – mais si efficace du festival.

Shanti Celeste 

L’anglaise survole le genre depuis quelques années : une house breakée, leftfield et atmosphérique, qui n’oublie pas de nous faire danser surtout. Invitée par Bonobo, curator du premier « A Day With » (mercredi 29), elle risque bien de nous faire voyager.

Bruxas

C’est sans doute la meilleure rencontre entre les tropiques et la disco, du moins de ces derniers années. Le résultat ? Une house ralentie, suave et terriblement efficace. Bruxas brouille les genres pour servir la danse, la transe même, tant la répétition jusqu’à l’extase est au coeur de leur projet.

Franche chébran

Hasard du calendrier : nous consacrions il y a quelques jours un article sur le French Boogie – et son infiltration dans les clubs & dans les séléctions de plus en plus de DJs. Et voilà que Nuits sonores propose une création – nous n’en savons pas plus – autour de ce genre. Forcément, nous sommes tout ouï.

James Blake

Il a réconcilié les amateurs de rap option trap & les adeptes de balades électroniques mélancoliques : dans son dernier album en date, Assume From, l’anglais crée une dentelle électronique d’une finesse rarement atteinte, du moins dans une pop qui vise le grand public. Travis $cott, André 3000 au micro, Metro Boomin aux manettes, et toujours sa voix qui nous berce, nous console, nous cajole. 

Simo Cell b2b Erwan Tarek

Les plus vifs l’auront démasqué très vite : sous l’alias Erwan Tarek se cache en réalité Low Jack, aka Philippe Hallais. Patron du label Editions Gravats – celui de Maoupa Mazzocchetti – et habitué de L.I.E.S., il croisera le fer avec Simo Cell, que l’on ne présente plus par ici. Deux DJs qui enchainent les sets ensemble et créent une alchimie assez rare, assez intense pour pouvoir jouer du dancehall ou du B2o.

Maoupa Mazzocchetti

Signé sur le toujours déroutant label Éditions Gravats (piloté entre-autres par Low Jack), Mazzocchetti est un OVNI – une sorte de mélange entre une new wave brute, une électronique à tendance EBM et une réelle envie de malmener l’auditeur – que l’on attend avec impatience de découvrir en live.

 

 

Phillip Jondo

Il est le résident d’un des clus les plus réputés au monde, le Salon des Amateurs. Cette seule information doit vous convaincre d’aller applaudir Phillip Jondo, tant sa maîtrise du dancefloor, des énergies et sa sélecta sont impeccables. 

 

Batu

Orfèvre, producteur aux milles visages et excellent DJ – nous l’avions invité à notre annviersaire il y a deux années de cela, à La Rotonde – Batu pousse les standards et les formats de production toujours plus loin, sur Hessle Audio ou bien XL. Invité par Lena Willikens, curator du samedi en journée et coincé entre elle-même en b2b avec Vladimir Ikvovic et Donato Dozzy, son set promet d’être intense.

 

Nu Guinea

Il aura suffit d’un album aux italiens de Nu Guinea pour s’imposer comme LA formation disco du moment. Ils nous avaient touché en plein coeur l’année dernière en prenant une belle position dans notre best-of des albums de 2018, et nous n’avons qu’une seule envie : chantonner en italien, sous le soleil de Lyon, à défaut de celui de Napoli.

 

Nuits sonores, 17ième édition, du 28 mai au 2 juin. Infos & réservations.
European Lab Camp, 10ième édition, du 30 mai au 2 juin.
Infos & réservations.