Connu sous son projet Rouge Mécanique, le producteur se jette à l’eau sur son nouvel album La vita Non E Un Film, qu’il signe sous son véritable nom Romain Azzaro.

Pendant 45 minutes, l’objet se lit comme un mix en continu, sans la moindre interruption ; fidèle au format de l’album avec des morceaux de 3 à 5 minutes, et exceptionnellement un morceau progressiste de 11 minutes. On peut déjà dire qu’il est agréable de l’écouter, comme on le faisait au début des années 2000, avant que le format album ne se casse la figure.

On le sait (ou on le sent rapidement), Romain Azzaro aime jouer avec l’aspect cinématographique de sa musique. Même si, à en croire le titre de ce nouvel album – La Vita Non E Un Film (« la vie n’est pas un film ») – n’est-il pas d’accord ? Entre clin d’oeil et questionnement, l’artiste d’origine italienne nous touche par sa sensibilité entre son et image.

Musicalement, son côté touche-à-tout mutli-genre fait ressortir un attrait certain pour le rock et le punk, sous influence électronique. Brut, métallique et imprévisible, un duo infernal se forme là où les machines et les guitares cohabitent. En témoigne l’album Don’t Touch My Sister, sous son alias Rouge Mécanique. Une course poursuite rock, du pub au concert, à la fin de soirée dans les nuits de Londres ou de Berlin. Les bruits et l’acoustique, très présents dans sa musique, sont là pour graver une temporalité et une atmosphère dans son récit.

Un autre récit, cinématographique lui, s’ouvre avec « Vvoid » composé avec Myako à Berlin, mélange de sonorités électroniques, laissant présager une nuit pluvieuse et venteuse, tandis que s’égrènent les morceaux. « Prelude » – magnifique break à la batterie, « Channel 5 », « Who Knows About This One? » et sa lente progression d’expérimentation, entre break de batterie, synthés et percussions et enfin « Crewhassan », tous s’ancrent dans la continuité et l’identité rock-électronique chère à Rouge Mécanique. C’est exactement ce que l’on demande. Mention spéciale pour l’énigmatique « Ballet Jelinox » où le piano acoustique se pose sur les synthés et apporte son image cinématographique.

Et puis, il y a le jam de 12 minutes sur « Above Space 35 ». Lent, progressif, voyageur et ambiance trippy-rock à souhait. On note une entrée en matière sur « Cousu De Fil Blanc », entremêlement de synthés qui montent en puissance. Le disque se termine sur une interlude à la guitare acoustique « Green Line », telle une fin de film ouverte, selon l’interprétation du spectateur.

Le morceau « Prélude » est déjà accessible ici.
L’album sort le 25 septembre en digital et vinyle sur le label Rotary Lab, distribué par Big Wax.