Avant de partir vous ensabler et peaufiner votre bronzage de camionneur dans on ne sait quel obscure plage de la French Rivieira où votre iPad ne captera probablement pas la 3G, prenez le temps de remplir vos bibliothèques Winamp des disques qui vous assureront un été ensoleillé. Retrouvez aujourd’hui un récap’ de ce qui s’est fait de mieux ces derniers temps et sur lesquels on s’était quelque peu endormis. Pour ceux qui n’auraient pas la chance d’entamer leurs cancers de la peau cet été, prenez les recommandations suivantes comme un Best Of janvier – juillet 2014 !

MAC DEMARCO – SALAD DAYS (CAPTURED TRACKS)

MacDemarco - Salad Days

Si notre affinité pour les couleurs pop et psychés n’est pas toujours évidente, Mac DeMarco est un artiste qui, depuis 2 et son dévastateur « Ode 2 Viceroy », fait l’unanimité dans la rédaction. La voix écorchée du canadien et le minimalisme de ses phrasées suffisent à faire beaucoup de bruit et à donner des prestations lives hors normes. Entre Surf Music burnée et ballades avinées, Salad Days définit un rock nihiliste et sans états d’âme, où la nostalgie n’est pas de mise.

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NENEH CHERRY – BLANK PROJECT (SMALLTOWN SUPERSOUND)

NENEH CHERRY - BLANK PROJECT

Four Tet aura eu une année 2013 mouvementée entre sa tournée, l’album d’Omar Souleymane (qu’il a produit) et la sortie de son propre album. Début 2014, il n’avait toujours pas envie de se reposer et a participé à la production du 5ème album de Neneh Cherry. Blank Project est un disque atmosphérique parfaitement construit et qui coupe avec la discographie plutôt estampillé renouveau Post-Punk de la chanteuse. Parfait pour faire redescendre le mercure.

MATTHEWDAVID – IN MY WORLD (BRAINFEEDER)

MATTHEWDAVID - IN MY WORLD

C’est le tout dernier disque de Brainfeeder, label dont la direction artistique appartient à l’éminent Flying Lotus, grand chef de l’abstract et Saint Patron du Beatmaking. Matthewdavid fait partie de ces artistes hyperactifs qui ne savent plus où donner de la tête et qui produisent plus d’albums que d’EPs, tant leur créativité est sans frontières. Lorsqu’il n’est pas derrière ses machines, il tient les manettes de l’excellente maison californienne Leaving Records. Son dernier méfait en date, In My World, est un condensé pop & R’n’B chaleureux coupé à des mélodies faussement déstructurées et une rythmique malfaisante. C’est frais, agréable et inventif, à l’image des précédentes sorties, également très appréciées de la rédaction (Teebs ou Taylor McFerrin, à mettre aussi dans son MiniDisc pour la plage).

FATIMA AL QADIRI – ASIATISCH (HYPERDUB)

FATIMA AL QADIRI - ASIATISCH

Fatima Al Qadiri n’a jamais mis les pieds en Chine. Mais cela ne l’empêche pas de faire un album sur l’Empire du Milieu. Le disque tourne autour de sa vision du pays par une proposition hors club, très personnelle et incontournable. Loin des clichés et sonorités habituelles, Fatima Al Qadiri passe par des chemins peu évidents tout en confortant ses auditeurs. Un exercice de style sonore des plus ambitieux. Fort de ses 10 années d’existence, Hyperdub montre qu’elle a toujours la main quand il s’agit de sortir des concepts et artistes d’exception.

FALTYDL – IN THE WILD (NINJA TUNE)

FALTYDL - IN THE WILD

L’esprit torturé de FaltyDL ne saura jamais accoucher d’un album de house ensoleillée, mais on ne lui en veut pas. Après un passage à vide sur Hardcourage qui, malgré quelques bangers, reste très banal, Drew Lustman s’est rattrapé avec un très bon Danger EP, toutefois beaucoup trop court. Sa bass music triturée fortement inspirée de la UK House fait encore effet. In The Wild – qui sortira en août – est bourré de breaks assassins et déstabilise l’auditeur le long des 22 tracks qui composent l’album. Malgré 3 albums, FaltyDL tient la barre et donne toutes ses tripes. In the wild ne vous réchauffera pas, mais vous réconciliera bel et bien avec le new yorkais.

PYRAMID VRITRA – ELEVEN12

PYRAMID VRITRA - ELEVEN12

Certes, très introspectif, ce disque paru tôt dans l’année bénéficie d’une production impeccable et d’un rap codéiné disséminé le long de l’album. Entre longues instru et couplets rappés ça et là, des morceaux posés et d’autres frôlant le trip-hop, un drôle d’équilibre est trouvé. L’éco-système de Pyamid Vritra est enfumé au possible, et trouvera preneur chez les amateurs de sons détraqués.

ANUSHKA – BROKEN CIRCUIT (BROWNSWOOD)

ANUSHKA - BROKEN CIRCUIT

C’est probablement la recommandation la plus estampillée « estivale » de cette page : signé sur le label de Gilles Peterson, ce premier album d’Anushka tire largement son épingle du jeu dans la catégorie revival R’n’B & Nu Soul. On ne peut s’empêcher de penser au timbre de Fatima et aux excellentes instru de The Internet. C’est chaleureux et vos parents vous autoriseront à mettre la K7 dans l’autoradio. On vous le promet.

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FATIMA – YELLOW MEMORIES (EGLO RECORDS)

FATIMA - YELLOW MEMORIES

On vous en reparle pour une raison très simple : cet album a nourri bien des fantasmes et expectatives. Après autant de morceaux et de collaborations réussies, nous étions en droit d’attendre un magnifique LP. Chose promise, chose dûe : Yellow Memories illustrera parfaitement cet été 2014 avec un groove sensuel et des mélodies sulfureuses. Tout en douceur. La production du disque a été confiée aux plus grands (Theo Parrish, Knxledge, Floating Points…) pour donner à la voix de Fatima toute la couleur qu’elle mérite. La soul de 2014 a un nouveau visage.

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FREDDIE GIBBS & MADLIB – PINATA (STONES THROW)

FREDDIE GIBBS & MADLIB - PINATA

C’est l’une des sorties les plus importantes de cette année pour Stones Throw : Pinata signe le retour de l’alliance Madlib / Freddie Gibbs qui, après plusieurs essais très fructueux, passent enfin à l’acte et balancent leur premier vrai album commun. Et c’est une tuerie. Madlib fait encore une fois son taff de beatmaker à merveille, et Freddie Gibbs, rapper zélé, déploie la puissance de son flow pour des morceaux touchants et musclés. On peut parler ici d’alchimie.

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BOMBAY DISCO – DISCO HITS FROM HINDI FILMS 1979-1985 (CULTURE OF SOUL)

BOMBAY DISCO - DISCO HITS FROM HINDI FILMS 1979-1985

Si l’on devait citer une seule ré-édition à la fois originale et convaincante de ce semestre, on piocherait évidemment ce Bombay Disco, dépoussiéré par Cultures Of Soul. Le son Disco indien se caractérise par l’utilisation des sitars, tablase et autres instruments. C’est sous l’impulsion du compositeur Bappi Lahiri que ce son est né dans les films Bollywoodiens et que l’Inde s’est dotée de ses propres codes en la matière. DJ Brother Cleve nous propose de les redécouvrir dans cette VA regroupant des titres de Usha Uthup, Kishore Kumar, Amit Kumar ou Asha Bhosle. Quittons les beats caverneux pour retrouver le Taj Mahal et les beautés d’Orient.

MR SCRUFF – FRIENDLY BACTERIA (NINJA TUNE)

Friendly_Bacteria

C’est le grand retour : après 6 ans sans sortir d’albums, Mr Scruff revient avec un beau disque estival, moins jazzy que d’habitude, mais tout aussi bien produit. Friendly Bacteria ne compte pas de tubes comme ses prédécesseurs, mais 12 morceaux égaux en qualité qui ne font intervenir que peu de guests. Parmi eux, on note la présence de la légende de la house, Robert Owens qui fait une apparition remarquée. Pour le reste, Scruff a préféré mettre en avant les talents locaux plutôt que de faire apparaître une enième tête d’affiche. Le résultat est très organique, humain et cohérent, ce qui n’a pas toujours été le cas dans le reste de sa discographie. L’époque Trouser Jazz est bel et bien enterrée, mais Scruff se montre prêt à attaquer une nouvelle ère, toujours en phase avec son temps.

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DK – DROP (ANTINOTE)

DK - DROP

L’année s’annonce très bonne pour D.K : le producteur parisien l’a démarrée en trombe avec un All Day, Everyday deep à souhait sorti plus tôt dans l’année sur Get The Curse. Il a enchaîné un split EP avec Lumigraph sur Odd Frequencies, petit frère de GTC, puis un autre, toujours sur la même enseigne, avec son alias 45ACP. Lorsque beaucoup se cantonnent à un disque par an, D.K bat le fer tant qu’il est chaud : son premier album, Drop, vient de sortir sur Antinote. Avec une vision de la musique extrêmement détroitienne, cet album présente une deep house simple, propre et mélodique qui se prête parfaitement à l’écoute. En 2014, il est encore possible d’explorer les tréfonds de la musique électronique sans emmerder son auditoire.

LONE – REALITY TESTING (R&S RECORDS)

LONE - REALITY TESTING

L’an dernier, à la même période, Lone avait balancé un gros Airglow Fires, comme ça, sans prévenir, qui avait cramé plus d’un festival. On l’a su plus tard, ce titre annonçait quelque chose d’encore plus monstrueux : un album faisant un majestueux grand écart entre deep house de Chicago et hip-hop des plus belles heures. Par hip-hop entendez bien sûr une instru soignée, breakée et down tempo qui revisite ce qui a pu se faire vers Detroit 1 ou 2 décennies auparavant. Cet album hybride prouve une nouvelle fois la capacité du producteur mancunien à se renouveler et à proposer de vrais concepts autour de ses (nombreux) albums. Airglow Fires avait été l’EP de l’été 2013, Reality Testing sera donc son digne héritier pour 2014.

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SEVEN DAVIS JR – P.A.R.T.Y (APRON)

SEVEN DAVIS JR - P.A.R.T.Y

Depuis son premier EP sorti sur le label de Los Angeles, Must Have Records, Seven Davis Jr et sa voix envoûtante a suscité une très grosse attente qui a vite été comblée par la sortie de P.A.R.T.Y cette année. Apron, le label de FunkinEven, a su parier sur ce nouveau prince de la funk moderne qui, on l’espère, connaîtra rapidement le succès qu’il mérite. En attendant, P.A.R.T.Y a su convaincre les amateurs de house et de funk par ses instru colorées et sa châleur estivale. Affaire à suivre…

LEON VYNEHALL – MUSIC FOR THE UNINVITED (3024)

LEON VYNEHALL - MUSIC FOR THE UNINVITED

On a là un gros morceau de 2014 : les enchères ne cessent de monter depuis ses premiers EPs sur ManMakeMusic, Well Rounded Housing Project et Aus Music, en solo ou avec A1 Bassline (Laszlo Dancehall). Ce n’est seulement cette année que Leon Vynehall a cogné un cran au-dessus avec son premier album sorti sur 3024, le label de Martyn. Music for the uninvited met à l’honneur une house fraîche et percutante qui ne lasse pas. Inspiré par des cassettes hip-hop et funk que sa mère mettait dans la voiture, l’album présente une texture granuleuse pour un son faussement old school. Le producteur s’emballe et le disque part dans tous les sens : productions orchestrales, downtempo et mélodiques, la house atteint son meilleur.